La décision de ne pas inclure les provinces de Taza, Chefchaouen, Taounate, Al Hoceïma et Ouezzane dans la liste officielle des « zones sinistrées » après les récentes inondations alimente désormais le débat au Parlement.
La députée Fatima Tamni, membre de la Fédération de la gauche démocratique, a adressé le 13 février 2026 une question écrite au ministre de l’Intérieur pour demander des éclaircissements sur les critères juridiques et techniques ayant conduit à l’exclusion de ces cinq provinces, alors que d’importants dégâts matériels et sociaux y ont été signalés.
Quels critères pour le classement ?
Dans sa correspondance, la parlementaire interroge le ministère sur la méthodologie adoptée pour qualifier certaines zones de « sinistrées » et en exclure d’autres. Elle souhaite savoir si des évaluations de terrain exhaustives ont été menées dans l’ensemble des provinces touchées, et si le principe d’équité territoriale a été respecté dans la définition des bénéficiaires des dispositifs exceptionnels d’aide, d’indemnisation et de réhabilitation.
Selon elle, les fortes précipitations enregistrées dans les provinces concernées ont provoqué des inondations ayant endommagé des habitations, des infrastructures publiques et des exploitations agricoles, affectant particulièrement les zones rurales et montagneuses déjà fragilisées par des insuffisances en matière d’équipements de base.
Vulnérabilité accrue en milieu rural
La députée souligne que plusieurs localités souffrent d’un réseau routier précaire, de pistes rurales difficilement praticables et d’infrastructures hydrauliques et électriques vulnérables. Dans ces conditions, l’absence de classement officiel en tant que « zone sinistrée » pourrait, selon elle, limiter l’accès aux mécanismes d’urgence et aux programmes de reconstruction.
Elle demande ainsi au ministère de préciser les raisons concrètes de cette exclusion et d’indiquer si une révision de la liste est envisagée à la lumière d’une évaluation actualisée et globale des dégâts.
Transparence et enveloppe budgétaire
La parlementaire appelle également à une clarification sur les mesures d’urgence prévues pour les populations affectées : indemnisation des familles, soutien aux petits agriculteurs, réhabilitation des routes et des pistes rurales, remise en état des réseaux d’eau potable et d’électricité.
Elle sollicite en outre des informations sur l’enveloppe budgétaire allouée à chaque province ainsi que sur le calendrier de mise en œuvre des programmes de réhabilitation.
Pour Fatima Tamni, la gestion des catastrophes naturelles doit s’appuyer sur des critères objectifs, uniformes et transparents, afin de garantir une égalité de traitement entre les territoires concernés et d’éviter toute disparité injustifiée dans l’accès aux aides publiques.
Cette interpellation intervient alors que plusieurs provinces du nord et du centre du pays poursuivent leurs opérations de remise en état après des épisodes climatiques jugés exceptionnels par les autorités.
