>

Face à la crise énergétique, plusieurs pays d’Asie réduisent le travail et ferment des universités

11 mars 2026 - 12:18

Bangkok – La flambée des tensions au Moyen-Orient et la menace pesant sur le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour l’exportation d’hydrocarbures, poussent plusieurs pays asiatiques à adopter des mesures d’urgence pour économiser l’énergie, allant de la réduction du temps de travail à la fermeture temporaire d’universités.

Ce couloir maritime entre l’Iran et Oman est crucial pour l’économie mondiale : environ 20 % du pétrole consommé dans le monde et une part importante du gaz naturel liquéfié y transitent chaque jour, ce qui en fait l’un des points névralgiques du commerce énergétique mondial.

L’escalade militaire impliquant l’Iran et les États-Unis a ravivé les craintes d’une perturbation durable du trafic pétrolier, provoquant une hausse brutale des prix du brut au-delà des 100 dollars le baril et incitant plusieurs gouvernements asiatiques à activer des plans d’économie d’énergie.

L’Asie particulièrement vulnérable

Le continent asiatique est le plus exposé à cette crise, car la majorité du pétrole et du gaz liquéfié qui passent par Ormuz est destinée aux marchés asiatiques, notamment la Chine, l’Inde, le Japon ou la Corée du Sud.

Cette dépendance explique pourquoi plusieurs États ont rapidement adopté des mesures destinées à réduire la consommation de carburant et préserver leurs réserves énergétiques.

Télétravail et plafonnement du carburant

En Corée du Sud, les autorités envisagent d’imposer un plafond sur le prix du carburant, une mesure qui n’avait plus été utilisée depuis la crise financière asiatique de 1997.

Au Japon, le gouvernement étudie différentes options pour limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie, y compris la possibilité de libérer une partie des réserves stratégiques de pétrole.

La Chine, principal importateur de pétrole iranien, a pour sa part assuré qu’elle prendra « toutes les mesures nécessaires » pour garantir la stabilité de ses approvisionnements énergétiques.

Fermetures d’écoles et semaine de quatre jours

Dans plusieurs pays d’Asie du Sud et du Sud-Est, les mesures sont déjà en application.

Aux Philippines, certains services publics ont adopté la semaine de quatre jours pour réduire la consommation de carburant.

Au Pakistan, le gouvernement a décidé de fermer les écoles et universités pendant deux semaines et de réduire le temps de travail dans les administrations publiques afin d’économiser l’énergie.

Le Bangladesh a également annoncé la fermeture temporaire de toutes les universités et la mise en place d’un plan d’économie énergétique, tandis que la Birmanie a instauré un rationnement du carburant et des restrictions de circulation.

Un choc énergétique mondial

Cette série de mesures illustre l’ampleur de l’impact économique de la crise actuelle. Si le trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz devait rester perturbé, les analystes redoutent une nouvelle flambée des prix de l’énergie et des répercussions sur l’économie mondiale, notamment en Asie où la dépendance aux importations d’hydrocarbures reste très élevée.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *