Pékin a haussé le ton ce mardi face à la détérioration rapide de la situation au Moyen-Orient, en avertissant que les attaques contre les installations nucléaires iraniennes pourraient entraîner des « conséquences d’une gravité incommensurable » pour la paix et la stabilité régionales. La réaction chinoise intervient dans un contexte d’intensification des opérations militaires menées par les États-Unis et Israël contre plusieurs sites stratégiques iraniens, notamment des infrastructures énergétiques et nucléaires, alors que Téhéran affirme que la centrale de Bushehr a de nouveau été visée ces derniers jours.
Lors de son point de presse quotidien, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a dénoncé des frappes qui, selon Pékin, violent directement les principes de la Charte des Nations unies, le droit international ainsi que le statut de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). La diplomatie chinoise insiste particulièrement sur le fait que les installations nucléaires civiles placées sous la supervision de l’AIEA ne sauraient être considérées comme des cibles militaires ordinaires. Pékin estime qu’une telle dérive menace non seulement la sécurité immédiate du Golfe, mais affaiblit également le régime international de non-prolifération, pilier essentiel de l’équilibre stratégique mondial.
La centrale de Bushehr, construite avec l’appui de la Russie sur la côte sud de l’Iran, concentre désormais les inquiétudes internationales. Moscou a récemment fait état d’une détérioration progressive de l’installation après plusieurs frappes intervenues en moins de deux semaines. Un éventuel endommagement majeur d’un tel site pourrait avoir des répercussions bien au-delà des frontières iraniennes, tant sur le plan environnemental que sur le plan énergétique, dans une zone névralgique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures.
Au-delà de la dimension sécuritaire, la Chine redoute aussi les effets économiques d’une escalade incontrôlée. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part considérable du pétrole mondial, demeure sous tension. Les menaces iraniennes sur la circulation maritime, les projets de taxation du passage des navires et les frappes contre des infrastructures énergétiques dans le Golfe ont déjà provoqué une flambée des prix du pétrole sur les marchés internationaux. Pour Pékin, premier importateur asiatique d’énergie et partenaire commercial majeur de Téhéran, la stabilité de cette route maritime revêt un enjeu vital.
Dans ce contexte explosif, la Chine réaffirme son attachement à une solution politique et diplomatique du dossier nucléaire iranien. Pékin appelle à la retenue, à la désescalade et à la reprise immédiate du dialogue, tout en cherchant à se positionner comme acteur d’équilibre dans une crise qui menace de s’étendre à l’ensemble de la région. Son avertissement, formulé dans des termes particulièrement fermes, traduit autant une préoccupation géopolitique qu’une inquiétude économique face à un conflit dont les répercussions pourraient se faire sentir bien au-delà du Moyen-Orient.
