La guerre en Iran menace de provoquer un choc social majeur dans l’ensemble du Moyen-Orient. Les Nations unies estiment que le conflit pourrait faire basculer jusqu’à quatre millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté à travers le monde arabe.
La guerre déclenchée en Iran depuis le 28 février risque d’entraîner un recul social massif dans l’ensemble de la région arabe. C’est l’alerte lancée ce mardi par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), qui estime que jusqu’à quatre millions de personnes pourraient sombrer dans la pauvreté sous l’effet direct des conséquences économiques et sociales du conflit.
Dans son évaluation préliminaire, publiée à la cinquième semaine des hostilités, l’agence onusienne chiffre les pertes économiques régionales entre 120 et 194 milliards de dollars, soit une contraction de 3,7 à 6 % du PIB cumulé des États arabes. Ce choc effacerait plus d’une année entière de croissance enregistrée en 2025.
Le rapport prévoit également une hausse du chômage pouvant atteindre quatre points, ce qui correspond à la disparition de 3,6 millions d’emplois, un volume supérieur à l’ensemble des postes créés dans la région l’an dernier.
Le Levant — Irak, Liban, Jordanie, Palestine et Syrie — concentrerait l’essentiel de cette dégradation, avec plus de 75 % de la hausse totale de la pauvreté, soit entre 2,85 et 3,3 millions de nouveaux pauvres.
Pour le PNUD, cette crise révèle la fragilité structurelle des économies arabes face aux chocs géopolitiques, énergétiques et logistiques. Si la guerre se prolonge, la région pourrait perdre jusqu’à une année de progrès en développement humain, sur fond d’instabilité durable et de tensions sociales accrues.
