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Les ventes des produits de la pêche au Maroc reculent à 3,11 milliards de dirhams fin mars

13 avril 2026 - 18:55

 Le secteur halieutique marocain enregistre un début d’année sous tension. Selon les dernières statistiques de l’Office national des pêches (ONP), la valeur des produits de la pêche côtière et artisanale commercialisés a atteint plus de 3,11 milliards de dirhams à fin mars 2026, en baisse de 3 % par rapport à la même période de l’année précédente.

La contraction est nettement plus marquée en volume. Les débarquements se sont établis à 89.895 tonnes, soit une chute de 34 % sur un an, un écart qui révèle une évolution contrastée entre la valeur marchande et les quantités effectivement mises sur le marché.

Cette divergence entre valeur et tonnage mérite une lecture plus fine. Elle suggère que la baisse des volumes a été partiellement amortie par la tenue des prix sur certaines catégories de produits, voire par une montée relative des segments à plus forte valeur ajoutée.

Les données de l’ONP montrent en effet une hausse de la valeur des mollusques (+8 %) et des crustacés (+6 %), tandis que les algues reculent de 24 % en valeur sur un an.

En revanche, les produits traditionnellement structurants pour le marché ont connu des replis significatifs :

  • coquillages : -56 %
  • poissons pélagiques : -43 %
  • poissons blancs : -15 %

Du côté des volumes, la situation est encore plus contrastée.

Certaines catégories progressent :

  • algues : +17 % (913 tonnes)
  • mollusques : +3 % (25.841 tonnes)
  • crustacés : +9 % (1.718 tonnes)

Mais les baisses sur les espèces majeures pèsent lourdement sur le bilan global :

  • coquillages : -56 % (19 tonnes)
  • poissons pélagiques : -49 % (41.237 tonnes)
  • poissons blancs : -30 % (20.167 tonnes)

    Sur le plan géographique, les ports méditerranéens ont débarqué 4.460 tonnes, en recul de 4 %, pour une valeur en baisse plus marquée de 15 %, à 208,5 millions de dirhams.

    Les ports atlantiques, qui concentrent l’essentiel de l’activité, affichent une baisse de 35 % en volume (85.435 tonnes), mais une diminution limitée à 2 % en valeur, soit 2,90 milliards de dirhams.

    Cette asymétrie entre l’Atlantique et la Méditerranée appelle une analyse plus structurelle. Elle pourrait refléter à la fois les effets de la ressource, les conditions climatiques, la saisonnalité des espèces et les fluctuations des marchés d’exportation.

    Au-delà des chiffres, la tendance pose une question centrale pour l’économie maritime marocaine : comment maintenir la valeur du secteur face à une contraction durable des volumes ?

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