La ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, et porte-parole du gouvernement, Elma Saiz
Le gouvernement espagnol a approuvé mardi une régularisation extraordinaire destinée aux migrants déjà présents sur le territoire. Le dispositif entre officiellement en vigueur ce jeudi 16 avril et permettra d’obtenir un titre de séjour et de travail d’un an, avec accès à la sécurité sociale et aux services de santé.
Le gouvernement espagnol a approuvé, lors du Conseil des ministres de mardi, un décret royal ouvrant la voie à une régularisation extraordinaire des migrants déjà résidents en Espagne, une mesure présentée par l’Exécutif comme l’un des grands jalons de la législature.
L’annonce a été faite par la ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiz, qui a souligné la portée sociale, économique et politique de cette décision.
Le texte sera publié au Bulletin officiel de l’État (BOE) ce mercredi 15 avril et entrera officiellement en vigueur le 16 avril, date à partir de laquelle les demandes pourront être déposées en ligne. Les démarches en présentiel débuteront le 20 avril, exclusivement sur rendez-vous.
Le délai de dépôt des dossiers restera ouvert jusqu’au 30 juin.
Pour bénéficier de cette régularisation, les candidats devront prouver leur présence en Espagne avant le 1er janvier 2026, justifier d’une résidence continue d’au moins cinq mois, ne pas avoir de casier judiciaire et ne représenter aucune menace pour l’ordre public. Tous les justificatifs devront être nominatifs et datés.
Les personnes éligibles pourront obtenir une autorisation de séjour et de travail valable un an, avec accès à la Sécurité sociale ainsi qu’à la carte sanitaire de leur communauté autonome.
À l’issue de cette période, elles pourront être intégrées dans les dispositifs prévus par le règlement sur l’immigration.
Pour le gouvernement, cette mesure répond à une triple légitimité.
Sur le plan social, elle s’appuie sur une initiative législative populaire soutenue par plus de 700.000 signatures, près de 900 associations ainsi que par l’Église catholique.
Sur le plan politique, elle a obtenu le soutien de la quasi-totalité des groupes parlementaires.
Sur le plan économique, elle bénéficie également du soutien du patronat et des syndicats, ainsi que de secteurs tels que l’agriculture, la construction et les transports.
L’Exécutif insiste sur la contribution essentielle des travailleurs étrangers à l’économie espagnole.
Selon les données présentées par Moncloa, 43 % des emplois créés en Espagne depuis la réforme du marché du travail concernent des travailleurs étrangers, une contribution jugée déterminante pour la croissance, le maintien du système de protection sociale et le renouvellement démographique du pays.
La ministre Elma Saiz a également cité un rapport de l’Office national de prospective et de stratégie, selon lequel une réduction de 30 % de la migration à l’horizon 2075 entraînerait une baisse de 22 % du PIB, une perte de 15 millions d’habitants, la fermeture d’écoles et un allongement des listes d’attente dans le système de santé.
Le dispositif s’inscrit dans le Plan d’intégration et de coexistence interculturelle, présenté comme le premier grand pilier d’une politique migratoire fondée sur les droits humains, la cohésion sociale et les besoins structurels de l’économie espagnole.
Pour assurer le bon déroulement du processus, près de 450 bureaux seront mobilisés sur l’ensemble du territoire, avec le renfort de plus de 550 professionnels.
Les demandes pourront être déposées en ligne, 24 heures sur 24, via la plateforme Mercurio, ou en présentiel dans les bureaux de l’immigration, de la Sécurité sociale et dans certaines agences postales.
L’ouverture officielle du processus, dès ce mercredi, marque le début d’une opération de grande ampleur qui pourrait concerner des centaines de milliers de personnes déjà intégrées dans la société espagnole.
