Washington – Les réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale s’achèvent ce vendredi à Washington sur un avertissement insistant : la guerre contre l’Iran provoque déjà des dommages économiques mondiaux et pourrait déclencher une crise bien plus profonde si le conflit se prolonge.
Les deux institutions estiment que l’impact se fait déjà sentir sur l’inflation, les prix de l’énergie, la dette souveraine et le ralentissement de la croissance mondiale.
Le FMI a abaissé sa prévision de croissance mondiale à 3,1 % pour 2026 et à 3,2 % pour 2027, soulignant que la guerre au Moyen-Orient menace à la fois la reprise économique et le processus de désinflation. Le principal point de tension reste le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une part essentielle du commerce mondial du pétrole et du gaz. Si l’instabilité persiste, le prix du baril pourrait dépasser les 100 dollars, avec un risque réel de récession mondiale.
Les économies émergentes apparaissent comme les plus vulnérables. La Banque mondiale estime que leur croissance pourrait fortement ralentir si le conflit s’aggrave, tandis que des millions de personnes risquent de basculer dans une insécurité alimentaire accrue à cause de la hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants. L’Amérique latine figure déjà parmi les régions les plus exposées.
En Europe, le FMI a mis en garde contre la tentation de répéter les erreurs commises lors de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine. Il rejette les subventions généralisées et les plafonds indiscriminés sur les carburants, privilégiant des aides ciblées et temporaires pour les ménages les plus vulnérables.
La Banque mondiale et le FMI préparent également des mécanismes de financement d’urgence pour amortir le choc dans les pays les plus exposés, même si de nombreux économistes rappellent que la liquidité seule ne suffira pas sans réformes structurelles et allègement réel de la dette.
Au-delà des chiffres, le message politique est limpide : la guerre contre l’Iran n’est plus perçue comme une simple crise régionale, mais comme un facteur de déstabilisation systémique. Washington ferme ainsi ses réunions non dans l’optimisme technocratique, mais avec la conscience qu’un conflit prolongé pourrait transformer une crise temporaire en fracture économique durable.
