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Espagne : l’exclusion des apatrides de la régularisation ravive les protestations du Polisario

18 avril 2026 - 11:13

 La décision du gouvernement espagnol d’exclure les apatrides du dispositif exceptionnel de régularisation des migrants en situation irrégulière a provoqué une nouvelle vague de protestations dans les cercles proches du Polisario, révélant une fois de plus la difficulté du front séparatiste à maintenir son discours de victimisation face aux évolutions politiques et juridiques en Espagne.

Le Conseil des ministres espagnol a validé un décret visant à régulariser près de 500 000 migrants en situation irrégulière, en leur ouvrant l’accès à un permis de séjour et de travail, à condition qu’ils ne présentent pas d’antécédents judiciaires. Cette mesure, soutenue par plus de 700 000 signatures citoyennes, plus de 900 associations et une large majorité parlementaire, répond également aux besoins de plusieurs secteurs économiques comme l’agriculture, le bâtiment et le transport.

Mais les personnes reconnues comme apatrides ne figurent pas dans ce mécanisme exceptionnel. La ministre de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, Elma Saiz, a expliqué que ces personnes ne sont pas considérées comme étant en situation irrégulière, puisqu’elles disposent déjà d’un statut juridique spécifique reconnu par l’État espagnol. Leur inclusion dans la régularisation aurait créé, selon Madrid, une confusion procédurale et un chevauchement juridique inutile.

Cette clarification n’a pas empêché le Polisario de réagir vivement. Son représentant à Madrid, Abdallah Arabi, a accusé le gouvernement de Pedro Sánchez de chercher à « satisfaire le Maroc », tout en reconnaissant lui-même que près de 95 % des demandeurs du statut d’apatride en Espagne sont des « Sahraouis » issus des camps de Tindouf.

Cette contradiction illustre le cœur du problème : ce qui relève d’un cadre juridique administratif est immédiatement transformé par le Polisario en affrontement politique, avec le recours habituel au discours de la victime et à la rhétorique de l’exception.

Le plus significatif reste peut-être l’aveu du même responsable séparatiste concernant la coalition de gauche Sumar, partenaire du PSOE au gouvernement et historiquement proche des thèses pro-Polisario. Malgré cette proximité idéologique, Sumar n’a pas réussi à faire revenir Madrid sur son soutien au plan marocain d’autonomie pour le Sahara, ni à obtenir une exception spécifique pour les apatrides concernés.

Pour plusieurs acteurs associatifs « sahraouis » installés en Espagne, cette polémique relève davantage d’une instrumentalisation politique que d’un véritable problème de droit. Ils rappellent que les bénéficiaires du statut d’apatride disposent déjà d’une reconnaissance légale et ne relèvent donc pas des mécanismes destinés aux migrants sans papiers.

Derrière cette agitation médiatique apparaît surtout une réalité politique de plus en plus visible : l’influence du Polisario en Espagne continue de s’éroder, tandis que la position marocaine sur son Sahara consolide progressivement sa légitimité diplomatique.

Les protestations demeurent, mais elles ressemblent de plus en plus à un réflexe de survie politique qu’à une véritable capacité d’influence.

Comme dirait Sancho Panza : « Les chiens aboient, preuve que la caravane avance ».

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