La cinquième édition du cycle de formation des observateurs électoraux de l’Union africaine s’est ouverte ce lundi à Rabat, marquant une nouvelle étape dans la coopération entre le Maroc et les institutions africaines en matière de gouvernance démocratique.
La cérémonie d’ouverture a été coprésidée par Nasser Bourita et le commissaire de l’Union africaine aux Affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Bankole Adeoye, en présence de plusieurs représentants du corps diplomatique africain.
Ce programme, désormais bien installé dans le paysage institutionnel continental, célèbre une demi-décennie de partenariat entre le Royaume et le Département des affaires politiques, de la paix et de la sécurité de l’Union africaine. Lancée il y a quelques années, cette initiative s’est progressivement imposée comme un outil structurant pour le renforcement des capacités électorales et la promotion de standards de transparence à l’échelle du continent.
Prévu jusqu’au 25 avril, ce cycle de formation s’inscrit dans la continuité de l’engagement du Maroc en faveur d’une Afrique stable et démocratique, en misant sur le développement de compétences locales capables d’accompagner les processus électoraux dans leur diversité.
L’édition 2026 se distingue par une attention particulière portée à l’inclusion, avec une participation renforcée des femmes et des jeunes, dans une volonté de rapprocher davantage les dispositifs d’observation de la réalité sociologique africaine.
Autre évolution notable : l’intégration d’un module consacré aux enjeux numériques. Face à la montée des risques liés aux deepfakes, à la désinformation algorithmique et aux manipulations de contenus, les participants sont désormais formés à identifier et à contrer ces nouvelles menaces susceptibles d’influencer les scrutins.
Près de 90 participants issus de 53 pays membres de l’Union africaine prennent part à cette session, parmi lesquels des représentants de pays confrontés à des contextes politiques sensibles, à l’image du Mali, du Niger, du Burkina Faso ou encore du Soudan.
Le programme bénéficie d’une reconnaissance croissante au niveau continental. Dans un rapport publié en 2025, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, avait salué la contribution du Maroc au renforcement de la gouvernance démocratique africaine, une appréciation également relayée par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA.
Dans un contexte marqué par l’accélération de la transformation numérique du continent, cette formation entend anticiper les défis émergents liés à l’intégrité des processus électoraux, en dotant les observateurs d’outils adaptés à des environnements de plus en plus complexes et hybrides.
Parallèlement, Rabat accueille également la troisième édition du séminaire de dialogue sur la démocratie et les élections en Afrique, organisée en partenariat avec le Policy Center for the New South, autour des enjeux de la numérisation et de l’intelligence artificielle dans les systèmes démocratiques.
À travers ce dispositif, le Maroc confirme son positionnement comme acteur de référence dans la formation d’une nouvelle génération d’observateurs électoraux africains, capables d’intervenir dans des missions de plus en plus exigeantes. À ce jour, près de 95 % des observateurs formés à Rabat ont été déployés dans des missions de l’Union africaine, contribuant à renforcer la crédibilité des processus électoraux sur le continent.
