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Deux femmes et l’ex-président Macky Sall parmi les candidats à la succession de Guterres à l’ONU

21 avril 2026 - 10:56

La course à la succession de António Guterres entre dans une phase décisive. Quatre candidats officiellement déclarés se présentent cette semaine devant les représentants des 193 États membres des Nations Unies afin d’exposer leur vision et répondre aux questions des diplomates ainsi que de la société civile, avant le choix du prochain secrétaire général de l’organisation.

Parmi eux figurent deux femmes : l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, l’ex-vice-présidente costaricienne Rebeca Grynspan, ainsi que le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique Rafael Grossi et l’ancien président sénégalais Macky Sall.

Cette audition publique, instaurée en 2016 pour renforcer la transparence du processus de sélection, constitue la deuxième édition de ce que plusieurs diplomates qualifient de « grand oral » des prétendants au poste le plus stratégique du multilatéralisme mondial.

De nombreux États plaident cette année pour qu’une femme dirige pour la première fois l’ONU, tandis que l’Amérique latine revendique ce poste au nom du principe de rotation géographique, même si cette règle reste largement informelle.

En réalité, ce sont surtout les cinq membres permanents du Conseil de sécurité — États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France — qui orientent traditionnellement la décision finale grâce à leur droit de veto.

L’ambassadeur américain Mike Waltz a d’ailleurs affirmé que le prochain secrétaire général devra être compatible avec « les valeurs et les intérêts américains », rappelant que la bataille diplomatique se jouera autant dans les coulisses que devant les caméras.

Michelle Bachelet mise sur son expérience politique et institutionnelle internationale. Ancienne haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, elle présente son parcours comme une préparation directe aux « défis sans précédent » que traverse aujourd’hui le système international. Sa candidature bénéficie notamment du soutien du Mexique et du Brésil.

Rafael Grossi, lui, s’appuie sur son expérience à la tête de l’Agence internationale de l’énergie atomique, notamment sur les dossiers sensibles du nucléaire iranien et de la centrale ukrainienne de Zaporijjia. Il défend un retour de l’ONU à sa mission fondatrice : éviter à l’humanité les ravages de la guerre.

Rebeca Grynspan, actuellement à la tête de la CNUCED, met en avant son travail de médiation dans l’accord sur les exportations de céréales ukrainiennes en mer Noire, ainsi que sa défense du multilatéralisme dans un contexte de fragmentation croissante.

Quant à Macky Sall, seul candidat africain, il insiste sur le lien indissociable entre paix et développement. Selon lui, la stabilité internationale ne peut être durable sans lutte contre la pauvreté, les inégalités et la vulnérabilité climatique.

Mais sa candidature reste controversée. Bien que proposée par le Burundi au nom de la présidence tournante de l’Union africaine, elle ne fait pas consensus sur le continent : une vingtaine de pays africains y seraient opposés, tandis que les nouvelles autorités sénégalaises l’accusent de répression sanglante lors des manifestations politiques entre 2021 et 2024.

Le futur secrétaire général prendra ses fonctions le 1er janvier 2027, dans un contexte de crise financière de l’ONU, de tensions géopolitiques majeures et d’une confiance internationale fragilisée.

Plus qu’un simple choix de personne, cette succession déterminera la capacité des Nations Unies à rester un acteur crédible dans un monde de plus en plus fragmenté.

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