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La crise du détroit d’Ormuz fait grimper le prix des préservatifs dans le monde

27 avril 2026 - 10:23

Les tensions au Moyen-Orient ne touchent plus seulement le pétrole ou le transport maritime. Elles affectent désormais directement la santé sexuelle mondiale : Karex, premier fabricant mondial de préservatifs, annonce une hausse des prix pouvant atteindre 30 %, conséquence directe de la crise autour du détroit d’Ormuz.

Le groupe malaisien Karex Berhad, qui assure près de 20 % de la production mondiale de préservatifs, a confirmé une augmentation de ses prix comprise entre 20 % et 30 %, voire davantage si les perturbations liées à la guerre en Iran et aux blocages autour du détroit d’Ormuz se prolongent.

Son directeur général, Goh Miah Kiat, explique que le conflit a fortement renchéri plusieurs matières premières indispensables : caoutchouc synthétique, nitrile, lubrifiants, huile de silicone, aluminium utilisé dans les emballages ainsi que divers composants pétrochimiques. Dans certains cas, comme le latex nitrile, les prix ont doublé en quelques semaines.

« La situation est extrêmement fragile, les prix sont élevés et nous n’avons pas d’autre choix que de répercuter ces coûts sur les clients », a-t-il déclaré dans un entretien relayé par Reuters.

Karex produit plus de 5 milliards de préservatifs par an et fournit de grandes marques internationales comme Durex et Trojan, mais aussi des systèmes publics de santé comme le NHS britannique ainsi que plusieurs programmes des Nations unies liés à la prévention du VIH et à la planification familiale.

Paradoxalement, alors que les prix montent, la demande progresse également. L’entreprise affirme qu’en 2026, la consommation mondiale de préservatifs a augmenté d’environ 30 %, sous l’effet des retards logistiques, de la baisse des stocks et du recul des financements internationaux destinés à la santé reproductive, notamment après les réductions budgétaires de l’USAID américaine.

Cette situation dépasse la simple question commerciale : l’accès aux moyens de contraception et de prévention sanitaire pourrait devenir plus difficile, en particulier dans les pays en développement, où ces produits dépendent souvent de programmes publics et de l’aide internationale.

Quand la géopolitique renchérit jusqu’à la prévention, la crise cesse d’être seulement économique.

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