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L’Iran accuse Washington d’avoir fait échouer les négociations au Pakistan et maintient la pression sur Ormuz

27 avril 2026 - 10:31

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé les États-Unis d’être responsables de l’échec de la dernière série de discussions prévues au Pakistan, tout en défendant la poursuite de la pression iranienne sur le détroit d’Ormuz. Il doit rencontrer ce lundi le président russe Vladimir Putin à Saint-Pétersbourg.

Téhéran a de nouveau durci son discours diplomatique après l’échec des derniers contacts indirects avec Washington. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé que l’approche américaine avait empêché la dernière ronde de négociations prévue à Islamabad d’aboutir, malgré ce qu’il décrit comme des avancées importantes.

« L’approche américaine a empêché la précédente série de discussions d’atteindre ses objectifs », a déclaré le ministre, cité par les médias officiels iraniens, accusant la délégation américaine d’avoir formulé des « exigences excessives » sur plusieurs dossiers sensibles pour la République islamique.

La rencontre, prévue au Pakistan dans le cadre des efforts régionaux visant à apaiser les tensions après les quarante jours de guerre entre l’Iran et Israël, n’a finalement débouché sur aucun progrès concret. Le président américain Donald Trump a par ailleurs annulé le déplacement de ses émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner, vidant politiquement cette tentative de médiation.

Avant son déplacement en Russie, Araghchi s’est rendu à Oman puis à Islamabad, tout en échangeant par téléphone avec son homologue turc Hakan Fidan. Il doit rencontrer ce lundi Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg, alors que Moscou reste l’un des principaux soutiens internationaux de Téhéran.

Le détroit d’Ormuz demeure l’un des points centraux de cette confrontation diplomatique. Cette voie maritime stratégique, essentielle pour le commerce énergétique mondial, reste partiellement paralysée par les restrictions iraniennes, en réponse au blocus américain visant les ports iraniens.

Araghchi a insisté sur le fait que la libre circulation dans Ormuz constitue « une question mondiale majeure » et a affirmé que ses discussions à Oman portaient précisément sur la sécurisation du passage « au bénéfice des voisins et du monde entier ».

Mais sur le terrain, les Gardiens de la Révolution maintiennent une ligne beaucoup plus dure et excluent pour l’instant toute levée du blocage.

Selon le média américain Axios, l’Iran aurait transmis à Washington, via le Pakistan, une nouvelle proposition visant à rouvrir Ormuz et à consolider la trêve militaire avant de reprendre ultérieurement les négociations sur le nucléaire. L’agence officielle iranienne IRNA a relayé cette information sans la démentir.

Si le cessez-le-feu avec Israël tient encore, ses conséquences continuent de peser lourdement sur l’économie mondiale, notamment sur les marchés énergétiques et les chaînes d’approvisionnement internationales.

La vraie question n’est plus seulement de savoir si les négociations reprendront, mais qui imposera d’abord ses conditions.

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