>

Le méthane, angle mort de la transition énergétique mondiale

04 mai 2026 - 16:56

Un rapport de l’Agence internationale de l’énergie alerte sur des émissions de méthane toujours très élevées dans le secteur des énergies fossiles, révélant les limites actuelles de la transition énergétique.

Les émissions de méthane issues des énergies fossiles demeurent à des niveaux élevés, selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie. En 2025, elles ont atteint 124 millions de tonnes, portées par une production record de pétrole, de gaz et de charbon.

Ce constat met en lumière un décalage croissant entre les ambitions climatiques affichées et la réalité des émissions. Le méthane, bien que moins médiatisé que le CO₂, joue un rôle majeur dans le réchauffement climatique, contribuant à environ 30 % de l’augmentation des températures depuis l’ère industrielle.

Sa particularité réside dans son impact rapide : plus puissant à court terme, mais plus éphémère dans l’atmosphère. Sa réduction constitue donc un levier immédiat d’action climatique. Pourtant, aucune baisse significative n’est observée dans le secteur énergétique.

Le secteur pétrolier reste le principal émetteur, suivi du charbon et du gaz. Cette répartition souligne la persistance d’un modèle énergétique encore largement dominé par les combustibles fossiles.

Selon l’AIE, une part importante de ces émissions pourrait être évitée sans coût net, grâce à la récupération du gaz actuellement perdu. Cette possibilité révèle que le problème est moins technique que structurel, lié aux choix industriels et politiques.

Dans un contexte de tensions énergétiques, notamment en raison des conflits au Moyen-Orient, la valorisation de ce gaz pourrait également renforcer l’approvisionnement mondial. L’agence estime que cela représenterait jusqu’à 200 milliards de mètres cubes supplémentaires sur les marchés.

Ce décalage entre discours et réalité souligne les limites actuelles de la transition énergétique, qui progresse sans réduire suffisamment les émissions associées aux énergies fossiles.

Réduire le méthane apparaît ainsi comme une priorité immédiate, à condition que les engagements se traduisent en actions concrètes.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *