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Pékin qualifie d’« illégitime » la guerre contre l’Iran et renforce son soutien à Téhéran

07 mai 2026 - 10:02

 La Chine hausse le ton contre Washington et Israël lors de la visite du chef de la diplomatie iranienne à Pékin, sur fond de tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz.

Chine a vivement renforcé mercredi son soutien politique à Iran en qualifiant d’« illégitime » la guerre menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique.

Cette déclaration a été formulée à Pékin par le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, lors de sa rencontre avec son homologue iranien, Abás Araqchí, en visite officielle en Chine pour la première fois depuis le début du conflit en février dernier.

Selon les médias iraniens, Wang Yi a affirmé qu’un cessez-le-feu était désormais « nécessaire et inévitable », estimant que le Moyen-Orient traversait un « tournant décisif ».

Cette rencontre intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible, à une semaine seulement du déplacement prévu du président américain, Donald Trump, en Chine.

Depuis plusieurs semaines, Pékin condamne régulièrement les frappes contre l’Iran et appelle à la préservation de la libre navigation dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part essentielle des importations énergétiques chinoises.

Le représentant chinois auprès des Nations unies, Fu Cong, avait déjà averti que la crise d’Ormuz pourrait dominer les discussions entre Pékin et Washington si le blocage maritime se poursuivait.

Au cours de l’entretien, Wang Yi a également réaffirmé le soutien de la Chine à la souveraineté et à la sécurité de l’Iran. Le chef de la diplomatie chinoise a salué l’engagement de Téhéran à ne pas développer d’armes nucléaires tout en défendant son droit à l’usage civil de l’énergie atomique.

« Nous sommes prêts à poursuivre nos efforts afin de réduire les tensions », a déclaré Wang, plaidant pour des contacts directs et des négociations diplomatiques entre les parties concernées.

De son côté, Araqchí a salué la « position ferme » de Pékin face aux États-Unis et à Israël, qualifiant la Chine d’« ami sincère » de l’Iran.

Le ministre iranien a également assuré que la réouverture du détroit d’Ormuz pourrait intervenir « le plus rapidement possible », estimant que les crises politiques ne pouvaient être résolues par des moyens militaires.

Selon la diplomatie iranienne, Araqchí a informé son homologue chinois des discussions indirectes entre Washington et Téhéran menées sous médiation du Pakistan.

La guerre a déjà des répercussions économiques directes pour la Chine, confrontée à une hausse des coûts énergétiques et logistiques qui a poussé les autorités à intervenir afin de limiter l’augmentation des prix des carburants.

Ce rapprochement s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique signé en 2021 entre Pékin et Téhéran, un accord de coopération de 25 ans couvrant les secteurs de l’énergie, des infrastructures, des technologies et de la sécurité.

La Chine demeure aujourd’hui le principal partenaire commercial de l’Iran et l’un des principaux acheteurs de pétrole iranien.

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