La lutte contre la corruption dépasse largement le cadre technique ou juridique et ne saurait se limiter aux frontières nationales. Elle constitue avant tout un combat humain pour la dignité, les droits fondamentaux et le développement durable. C’est le message central porté par Mohamed Benalilou, président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption, lors de son intervention à Doha.
S’exprimant au nom du Maroc à l’occasion de la 11ᵉ Conférence des États parties à la Convention des Nations unies contre la corruption, organisée du 15 au 19 décembre, Benalilou a souligné les liens structurels entre corruption, droits humains, développement, environnement et climat. Il a insisté sur la nécessité d’un meilleur alignement et d’une coordination renforcée entre les différentes dynamiques onusiennes, notamment celles menées à Vienne, Genève et New York, afin d’accroître l’efficacité de la réponse internationale collective face à ce phénomène.
Dans un contexte marqué par la reconfiguration mondiale des risques de corruption, sous l’effet de la numérisation, de l’intelligence artificielle et de la complexification des chaînes d’approvisionnement transnationales, le responsable marocain a plaidé pour une évolution qualitative de l’approche internationale. Cette nouvelle approche devrait, selon lui, reposer sur trois axes complémentaires :
– faire de la prévention le socle des politiques publiques ;
– développer des outils de mesure fiables et objectifs au service de la décision publique et de la planification stratégique ;
– anticiper et encadrer les nouveaux risques liés aux transformations technologiques, afin que l’intelligence artificielle ne devienne pas un vecteur de formes inédites de corruption.
Benalilou a rappelé que le Maroc, sous l’impulsion du roi Mohammed VI, a fait de la probité un choix stratégique constant et un pilier central de son projet de développement. Il a souligné que l’intégrité constitue un fondement de la confiance, une condition de l’efficacité des politiques publiques et une garantie d’accès équitable aux droits et aux services, tout en représentant un levier essentiel pour la consolidation de l’État de droit et des institutions.
Il a également mis en avant les réformes constitutionnelles et institutionnelles profondes engagées par le Royaume, qui ont permis la mise en place d’un système national intégré de prévention et de lutte contre la corruption, traduit en politiques publiques et en projets structurants visant à ancrer durablement la responsabilité et la transparence.
Sur le plan international, Benalilou a souligné que l’engagement du Maroc s’est concrétisé par l’achèvement de toutes les phases d’évaluation de la mise en œuvre de la Convention des Nations unies contre la corruption, ainsi que par la publication volontaire des rapports correspondants, positionnant le pays parmi ceux qui ont fait le choix de la transparence comme critère de crédibilité.
Au niveau national, cette dynamique internationale a servi de référence à l’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, conçue selon une approche participative associant institutions publiques, société civile et secteur privé. Le Maroc s’apprête désormais à lancer une seconde stratégie, traduisant une montée en maturité institutionnelle et une orientation accrue vers l’impact et les résultats.
Enfin, Benalilou a rappelé que la politique pénale nationale s’est elle aussi alignée sur les standards onusiens, à travers l’adaptation du cadre législatif et le renforcement des capacités d’enquête et d’investigation, tout en mettant l’accent sur la prévention, la transparence des services publics, la réforme des marchés publics et l’amélioration du climat des affaires.
La délégation marocaine à cette conférence est conduite par Mohamed Benalilou et comprend notamment l’ambassadeur du Maroc au Qatar, le représentant permanent du Royaume auprès des Nations unies à Vienne, l’Inspection générale des finances et plusieurs institutions nationales.
La Conférence des États parties à la Convention des Nations unies contre la corruption demeure le principal forum mondial dédié à la promotion de l’intégrité et de la transparence, réunissant 192 États signataires ainsi que des milliers de représentants gouvernementaux, d’organisations internationales, d’experts, d’acteurs économiques et de la société civile.
