Sécheresse: recours aux ressources non conventionnelles et au transfert inter-bassins

17 février 2024 - 08:09

En ces temps de sécheresse exacerbée par les changements climatiques, le Maroc s’oriente vers un recours accru aux ressources en eau non conventionnelles ainsi qu’au transfert des eaux inter-bassins, a indiqué le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka.

Les solutions déployées dans le domaine de l’eau, conformément aux Hautes directives de SM le Roi Mohammed VI, sont basées sur le recours aux ressources en eau non conventionnelles, notamment le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées épurées, a expliqué M. Baraka dans un entretien accordé à la MAP.

Elles portent aussi, a ajouté le ministre, sur le transfert des eaux entre les bassins hydrauliques et sur des projets de gestion de la demande en eau, en complément aux solutions traditionnelles de développement de l’offre en eau.

« L’interconnexion entre les bassins hydrauliques concerne le transfert des eaux inexploitées des régions excédentaires qui, généralement, se déversent en mer vers les régions qui connaissent une pénurie d’eau, pour les divers usages, telles que l’eau potable, l’industrie et l’irrigation », a-t-il précisé.

Le Maroc dispose actuellement de 17 infrastructures de transfert d’eau couvrant diverses régions du Royaume, alors que d’autres projets de transfert d’eau sont programmés, a-t-il noté.

Selon. Baraka, toutes ces solutions ont été intégrées dans le Programme national pour l’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI), 2020-2027. S’y ajoutent d’autres projets d’interconnexion de système hydraulique, de réalisation et d’équipement de forages d’eau, d’acquisition et d’installation de stations monobloc, et d’acquisition de camions citernes.

Les projets prévus dans le cadre de ce programme, comme dans les plans directeurs d’aménagement intégré des ressources en eau des bassins hydrauliques, couplés au projet du plan national de l’eau et à la gestion de la demande en eau, favorisent une adéquation entre l’offre et les besoins en eau à moyen et long termes, a-t-il soutenu.

« La situation hydrique que connait le Maroc depuis 2018 est alarmante », a d’autre part déploré le ministre, pointant du doigt les répercussions des changements climatiques et leur impact sur le niveau de stockage des barrages et, partant, sur la sécurisation de l’alimentation en eau potable des différents systèmes hydrauliques.

Lors d’une séance de travail présidée par SM le Roi Mohammed VI le 16 janvier, Baraka a fait état, pour la période de septembre à mi-janvier 2024, d’un déficit pluviométrique de 70% par rapport à la moyenne, ainsi que d’un taux de remplissage des barrages de 23,2% contre 31,5% à la même période de l’année dernière.

Sur les actions déjà engagées, suite aux Hautes Orientations Royales, notamment dans le cadre du PNAEPI 2020-2027, le ministre a indiqué que plusieurs provinces et régions ont pu être convenablement approvisionnées ces dernières années en eau potable, évoquant notamment la réalisation de l’interconnexion des bassins de Sebou et Bouregreg et la mise en service des stations de dessalement d’Agadir et de Safi/Jorf Lasfar.

Il sera procédé à l’accélération des chantiers programmés ayant un impact à moyen terme, en particulier les barrages en cours d’exécution, l’interconnexion entre les bassins du Sebou, du Bouregreg et d’Oum Rabia, le programme national des stations de dessalement de l’eau de mer, le programme de réutilisation des eaux usées épurées, le programme de l’économie de l’eau au niveau des réseaux d’adduction et de distribution de l’eau potable et d’irrigation.

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