Bientôt l'utilisation de la langue Amazighe dans les tribunaux Akhannouch et Ouahbi signent un accord pour former les personnels de la justice

25 janvier 2022 - 13:58

Le chef du gouvernement Aziz Akhannouch et le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi ont assisté ce matin à la cérémonie de signature d’une convention de coopération entre le ministère de la Justice et l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM), pour assurer l’utilisation de la langue amazighe  dans le secteur de la justice.

Il s’agit d’un accord qui fixe le cadre général de coopération et de coordination entre  l’IRCAM et le Ministère de la justice, pour activer le caractère officiel du tamazight dans le secteur.

Akhannouch a déclaré, dans un discours prononcé à cette occasion, qu’il s’agit de la première étape pour activer le caractère officiel de l’amazigh, ajoutant que l’objectif est de former des locuteurs amazighs dans le domaine de la justice, et de traduire des documents et des textes juridiques, et dans l’avenir « assurer la traduction simultanée du tamazight vers l’arabe et vice versa », et de l’adopter comme langue de contentieux, et de présenter les attestations, les avis, ainsi que le prononcé des jugements.

Akhannouch a indiqué que le gouvernement a alloué 200 millions de dirhams pour activer la langue amazighe en 2022, et le montant sera porté à 1 milliard de dirhams en 2025.

Pour sa part, Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, a indiqué que son ministère cherche à former des employés en partenariat avec l’Institut Royal de la Culture Amazighe, pour assurer « une bonne traduction de l’amazigh vers l’arabe, et vice versa », afin qu’il y ait une image claire devant le juge.

Il a également expliqué que son ministère annoncera un concours pour embaucher des assistants sociaux dans les tribunaux, qui parlent couramment l’arabe et l’amazigh: « Nous choisirons 60 % de ceux qui parlent couramment le tamazight et l’arabe. Il a déclaré : « Aujourd’hui, nous avons 238 auxiliaires et assistants dans les tribunaux, dont seulement 34 parlent amazigh ».

Notons que l’accord a été signé en présence de Mohamed Abdel Nabaoui, président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, Hassan Daki, procureur général et Ahmed Boukouss, directeur de l’IRCAM.

La loi organique, relative à l’activation du caractère officiel de l’amazigh  prévoit un délai maximum de 10 ans pour intégrer cette langue dans le secteur de la justice, à compter de la date de publication de la loi organique au bulletin officiel. Jusqu’à présent, plus de deux ans se sont écoulés depuis la publication de la loi réglementaire au bulletin officiel, en septembre 2019.

L’article 30 de la loi organique stipule que l’État garantit aux justiciables et aux témoins parlant en amazighe le droit de communiquer avec cette langue pendant les procédures de recherche et d’enquête, y compris la phase d’interrogatoire, les procédures d’enquête et l’audience, enquêtes complémentaires, plaidoiries, procédures de notification, appels et exécution. A cet effet, l’État fournit un service de traduction sans frais pour les justiciables et les témoins.

Les justiciables ont le droit, à leur demande, d’entendre le prononcé des jugements en amazigh. À cette fin, l’État s’emploie à la mise à niveau les juges et les fonctionnaires de justice concernés à utiliser la langue amazighe.

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