Que cache l’interdiction aux journalistes de couvrir les débats des commissions parlementaires ?

18 ديسمبر 2021 - 13:14

Surprise ! Les journalistes sont désormais interdits d’accéder à la Chambre des Représentants pour couvrir les débats des commissions parlementaires. Un groupe de journalistes a, même, été empêché d’y accéder, mardi dernier, et a été informé que des instructions ont été données par le bureau du Conseil dans ce sens. Finalement, les journalistes ne sont autorisés qu’à couvrir les travaux des séances publiques.
D’après Rachid Hamouni, président du groupe PPS, ce point n’a pas été débattu au niveau des présidents des groupes parlementaires, mais au niveau du bureau du conseil présidé par le RNIste Rachid Talbi Alami.
Le représentant du parti du Livre a révélé qu’une réunion du bureau tenue en début de semaine, avait porté sur les modalités d’organisation d’une réunion de la Commissions des secteurs sociaux, en présence du ministre de la Santé et de la Protection Sociale, Khaled Ait Taleb, qui était prévue pour mardi dernier, afin de discuter des répercussions de la propagation du Coronavirus. D’après lui, il a été constaté que la plupart des membres du bureau soutiennent la diffusion en ligne de la réunion, comme ce qui est prévu d’habitude, surtout quand il s’agit d’un sujet qui intéresse vivement l’opinion publique.
Toutefois, le président du conseil, Talbi Alami, avait un avis complètement opposé. Il a déclaré aux membres que le règlement interne du conseil stipule que le travail des commissions est confidentiel, ce qui impose le huis clos aux séances et ne permet pas la transmission en ligne des réunions et aux journalistes d’y assister.
Les partis de l’opposition affichent clairement leur mécontentement.
Ne se laissant pas faire, Rachid Hamouni persiste et signe. D’après lui, si la loi stipule la confidentialité des séances de travail des commissions, elle donne également au bureau du conseil le pouvoir de prendre une décision concernant l’ouverture des commissions aux journalistes, surtout si la question concerne l’opinion publique.
Pour sa part, Mostafa Brahimi, un représentant du Groupe Justice et Développement, s’est dit surpris de la décision d’interdiction de la diffusion directe des travaux de la réunion, sur la page Facebook du conseil et des journalistes d’y assister. Cette décision est venue « de façon surprenante » et n’a pas pris en compte le besoin urgent pour les citoyens d’être informés sur les derniers développements de la situation épidémiologique. Brahimi se pose même la question sur les motivations derrière le maintien du secret avec ce gouvernement.
In fine, les conditions d’accès aux locaux du Parlement seront plus strictes. Des sources au sein du conseil indiquent que la décision d’interdire l’entrée aux journalistes vise à réglementer l’accès au parlement, en accordant de nouvelles accréditations. D’autres sources soulignent que le fait d’interdire la transmission des travaux des commissions et d’empêcher les journalistes d’y assister, vise à instaurer une nouvelle pratique consistant à priver l’opinion publique d’un droit de regard sur les travaux du Parlement.

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