Le procès de trafic de drogue international impliquant deux anciens dirigeants du parti du Parti de l’Authenticité et de la Modernité (PAM), Said Naciri et Abdelnabi Baiaoui, et un ressortissant malien, Haj d’Ahmed Ibn Ibrahim (alias Escobar du Sahara) n’est pas encore entré dans le vif du sujet.
Après plusieurs audiences et de multiples reports à la Cour d’Appel de Casablanca, les échanges et les plaidoyers tournent toujours autour des procédures et des témoins à convoquer pour tenter d’éclairer la justice.
Faut-il ou non convoquer, à titre d’exemple, la célèbre chanteuse Latifa Rafat, ex-femme de Escobar du Sahara ? ce dernier sera-t-il, également, appelé à la barre après avoir été, dès le départ, en 2019, l’un des acteurs clefs dans le déclenchement de cette affaire dans laquelle 40 tonnes de cannabis ont été saisis et une dizaine de personnes sont poursuivis en état d’arrestation…
La longueur de la procédure est souhaitable et compréhensible selon certains avocats (journal Al Ayyam) qui estiment que ces débats préliminaires sont nécessaires pour éclaircir les tenants et aboutissants de cette grosse affaire qui implique des personnalités du monde politique et sportive.
Concernant la présence de Escobar du Sahara, comme témoin, exigée par la plupart des avocats des accusés, le procureur du Roi est très réticent pour le moment. Il s’est demandé, à cet égard, quel est l’avantage de le convoquer alors qu’il est cité dans le dossier en tant que partie civile !? Ce qui est conforme aux dispositions de l’article 349 du Code de la procédure pénale.
Pour le procureur du Roi, Escobar Al-Sahara s’est constitué partie civile et sa défense est présente au tribunal, et par conséquent, l’obligation de le convoquer n’est pas justifiée.
Pour sa part, la défense des accusés, à l’image de Maitre Mohamed Karrout, (avocat de Abdenabi Baioui) considère que « Escobar du Désert » porte, en même temps, les casquettes de témoin et de partie civile ; alors que le procureur estime que, selon la procédure pénale, ces deux caractéristiques ne peuvent être réunies chez une seule personne devant le tribunal.
Les débats ont, également, révélé d’autres noms qui pourrait être très impliqués dans cette affaire et qui auraient été entendus lors de l’enquête aussi bien au niveau de la police judiciaire que du juge d’instruction. La défense appelle, en effet, à les citer comme témoin mais les demandes sont rejetées.
Vendredi dernier, la grève nationale des avocats avait provoqué un nouveau report du procès. Il a été reporté au 22 novembre.