Le public du festival de Fès des musiques sacrées du monde a été, vendredi en fin d’après-midi, au rendez-vous avec l’ensemble arménien Nagash qui l’a fait vibrer aux rythmes des mélodies folks arméniennes traditionnelles, revisitées.
Le groupe, trois chanteuses lyriques classiques accompagnées au duduk, à l’oud, au dohol et au piano par des musiciens arméniens d’exception ont emporté, le temps d’un concert, les dizaines de mélomanes locaux et étrangers, venus découvrir cette musique traditionnelle qui remonte au Moyen-Age mais qui a été remise au goût du jour, grâce à ces musiciens.
En redonnant vie aux poèmes de l’écrivain et prêtre du Moyen-Âge Mkrtich Naghash, l’Ensemble a fait en sorte que toute tentative de catégorisation de sa musique qui mélange à la fois les styles, les géographies et les époques.
Si les paroles et la poésie sont classiques, la musique, elle, est résolument moderne.
Le public a été fasciné par cette prestation arménienne orchestrée par le compositeur et pianiste John Hodian qui a réussi à revisiter les mélodies folk arméniennes traditionnelles en leur donnant des couleurs jazzy et en disséminant çà et là des harmonies issues de la culture pop occidentale.
Les morceaux du Naghash Ensemble dégagent une puissance spirituelle bouleversante, aussi bien dans les moments empreints d’une sérénité pénétrante que lors des envolées spectaculaires au cours desquelles les musiciens se livrent totalement, dans une transe commune.
Le public du festival des musiques sacrées du monde se remémora longtemps de ce concert d’une beauté et d’une intensité à couper le souffle.
Le 28ème festival de Fès des musique sacrées du monde, organisé sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, réunit plus de 200 artistes venus de 15 pays. Elle incarne la continuité de l’esprit de la ville de Fès, en tant que cité historique ayant toujours été un carrefour ouvert du savoir et de la spiritualité.