Le sénateur républicain Joe Wilson a présenté un projet de loi au Congrès américain visant à inscrire le Front Polisario sur la liste des organisations terroristes étrangères. Dans une déclaration publiée sur son compte X (ex-Twitter), il qualifie le mouvement indépendantiste sahraoui de « milice marxiste » soutenue par l’Iran, le Hezbollah et la Russie. Selon lui, le Polisario offre à Téhéran un point d’ancrage stratégique en Afrique et contribue à déstabiliser le Maroc, qu’il décrit comme un allié historique des États-Unis depuis près de deux siècles et demi.
L’initiative bénéficie d’un soutien bipartisan. Le représentant démocrate Jimmy Panetta a également rejoint Wilson dans cette démarche, illustrant un rare consensus sur la politique étrangère au sein du Congrès américaine. Le texte prévoit une série de sanctions incluant le gel des avoirs, des restrictions financières et des limitations diplomatiques contre toute entité ou individu lié au Polisario.

Ce projet intervient dans un contexte de remise en question croissant, au sein des cercles législatifs américains, des soutiens aux séparatistes dans certaines enceintes internationales. Washington considère de plus en plus les alliances du Front Polisario comme problématiques, en particulier ses connexions présumées avec des acteurs que les États-Unis désignent comme promoteurs du terrorisme.
Depuis que l’administration Trump a reconnu en 2020 la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, les États-Unis ont renforcé leur alignement stratégique avec Rabat. Le texte proposé par Joe Wilson pourrait marquer une étape décisive dans cette orientation, en criminalisant symboliquement le mouvement séparatiste.
Du côté marocain, cette évolution est saluée comme un tournant stratégique. Bien que les autorités n’aient pas encore réagi officiellement, plusieurs médias qualifient déjà l’initiative de victoire diplomatique. En revanche, l’Algérie, soutien historique du Polisario, pourrait y voir une provocation directe et un signe de fracture durable dans ses relations avec Washington.
Aucune date n’a encore été fixée pour le vote du Congrès de ce texte.