Alors que Pretoria organise une convention nationale pour apaiser ses tensions politiques internes, sa diplomatie persiste à soutenir des agendas étrangers hostiles à l’intégrité territoriale du Maroc, en s’alignant sur le régime militaire algérien.
À Johannesburg, l’heure est au “dialogue national inclusif”. Le président Cyril Ramaphosa a convoqué une convention pour tenter de définir une feuille de route face aux divisions au sein du gouvernement d’unité nationale. Cette initiative se veut un remède à une instabilité qui mine le fonctionnement de l’État depuis plus d’un an.
Sur le papier, la démarche semble inspirée par une volonté d’apaisement. Mais derrière les discours sur l’unité et l’inclusivité, la politique étrangère sud-africaine continue de suivre un cap idéologique qui l’éloigne de la neutralité et la rapproche d’alliances contestables. Car pendant que Pretoria prétend promouvoir la cohésion interne, elle ne cesse de s’ingérer dans les dossiers d’autrui, en particulier celui du Sahara marocain, où elle adopte une posture ouvertement hostile.
L’Afrique du Sud, sous prétexte de défendre des principes onusiens, a choisi depuis des années de s’ériger en avocat du séparatisme, offrant une tribune diplomatique au “Polisario” et confortant la propagande d’Alger. Ce choix n’est ni le fruit d’un malentendu, ni une position de circonstance : il s’inscrit dans une alliance politique assumée avec le régime militaire algérien, qui voit en Pretoria un relais précieux sur la scène africaine et internationale.
En réalité, la diplomatie sud-africaine fonctionne sur deux registres parallèles : à l’intérieur, elle tente de cultiver l’image d’un État stabilisateur et rassembleur ; à l’extérieur, elle s’autorise des prises de position qui alimentent la division au sein de l’Union africaine et fragilisent le consensus continental autour de l’intégrité territoriale des États.
Cette contradiction est d’autant plus frappante que Pretoria, qui revendique un rôle de médiateur dans plusieurs crises africaines, refuse obstinément de reconnaître la légitimité des résolutions onusiennes sur le Sahara marocain, lesquelles appellent à une solution politique réaliste, pragmatique et mutuellement acceptable. En soutenant aveuglément une entité sans reconnaissance internationale et en niant la souveraineté du Maroc sur ses provinces sahariennes, l’Afrique du Sud s’écarte de l’esprit de coopération et de respect mutuel qu’elle prétend défendre chez elle.
Pour Rabat, cette posture est révélatrice d’un biais stratégique : Pretoria privilégie des alliances idéologiques héritées de la guerre froide au détriment des partenariats économiques et politiques équilibrés. Ce choix pèse sur ses relations avec plusieurs pays africains qui considèrent la question du Sahara comme un dossier clos, intégré au développement national marocain.
La convention nationale que Ramaphosa inaugure aujourd’hui pourrait être l’occasion, si Pretoria en avait la volonté, d’aligner sa diplomatie sur ses objectifs internes : recherche de stabilité, respect des institutions et reconnaissance des réalités politiques. Car la cohésion, qu’elle soit nationale ou continentale, ne se construit pas en soutenant des causes séparatistes ni en s’adossant à des régimes militaires qui étouffent leurs propres peuples.
L’Afrique du Sud gagnerait en crédibilité si elle appliquait à sa politique extérieure les mêmes principes qu’elle prétend restaurer à l’intérieur de ses frontières. Dans le cas du Sahara marocain, cela signifierait reconnaître une évidence géopolitique : l’unité territoriale est un pilier de la stabilité, et sa remise en cause n’apporte que division et paralysie.