Un conseiller parlementaire a demandé des explications au ministère marocain des Affaires étrangères sur l’absence de réciprocité dans la politique des visas avec plusieurs pays européens.
Le débat sur les visas entre le Maroc et l’Europe refait surface au Parlement. Khalid Satti, conseiller de l’Union nationale du travail au Maroc, a adressé une question écrite au ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, sous la présidence de la Chambre des conseillers, concernant l’application du principe de réciprocité.
Dans sa correspondance, l’élu souligne que « de nombreux pays européens imposent des visas préalables aux citoyens marocains et en tirent d’importants revenus financiers, alors que la législation marocaine permet à leurs ressortissants d’entrer sur le territoire national sans visa ». Une asymétrie qui, selon lui, crée un déséquilibre à double titre : elle prive le Trésor public marocain de recettes substantielles et elle affaiblit la position diplomatique du Royaume face à ses partenaires.
Pour le parlementaire, l’enjeu dépasse la simple dimension financière. Il s’agit de défendre un principe de souveraineté et d’équité dans les relations internationales. « Le Maroc doit envisager une politique claire et ferme en matière de réciprocité », insiste-t-il, appelant le ministère à préciser les mesures envisagées pour rétablir un équilibre dans les conditions d’accès au territoire.
Ce rappel à l’ordre intervient dans un contexte où la question des visas demeure sensible, notamment pour les étudiants, les entrepreneurs et les familles marocaines confrontées à des procédures longues et coûteuses. De son côté, le gouvernement reste discret sur l’évolution de ce dossier, préférant jusqu’ici maintenir un cadre de coopération marqué par la flexibilité et le pragmatisme.
La sortie de Khalid Satti reflète ainsi une pression croissante au sein des institutions marocaines pour que Rabat adopte une position plus ferme face à ses partenaires européens. Elle illustre aussi un débat plus large : comment concilier ouverture internationale et respect du principe de réciprocité, pilier de toute diplomatie équilibrée.
Les visas cessent alors d’être une simple question administrative pour devenir un baromètre de l’affirmation souveraine du Maroc face à ses partenaires internationaux.