Neuf fois titrée en Grand Chelem, l’ancienne star du tennis révèle souffrir de myasthénie grave. Comme tout au long de sa carrière, elle choisit la voie de la résilience et de la réinvention.
À 51 ans, Monica Seles n’a rien perdu de son aura. Dans les années 1990, elle dominait le tennis mondial grâce à ses frappes à deux mains et sa capacité à dicter le jeu depuis n’importe quel coin du court. En 1993, sa trajectoire fut brisée net par l’agression au couteau d’un fan lors d’un tournoi en Allemagne. Après deux années d’ombre, elle revint conquérir un nouveau titre du Grand Chelem, incarnant l’esprit d’une athlète forgée dans l’adversité.
Aujourd’hui, c’est une autre épreuve qui s’impose, loin des projecteurs. Seles a révélé être atteinte de myasthénie grave, une maladie auto-immune rare qui fragilise la communication entre nerfs et muscles. Les symptômes – vision double, faiblesse musculaire, fatigue extrême – l’ont contrainte à s’éloigner de la vie publique dès 2019. Le diagnostic, confirmé après plusieurs années de tests médicaux, est tombé comme un choc : une pathologie chronique, fluctuante et difficile à contrôler.
“C’est un ajustement permanent”, confie-t-elle depuis sa maison en Floride. Certains jours, elle parvient à jouer au tennis ou au pickleball, à marcher avec ses chiens. D’autres, l’épuisement domine. Cette incertitude rappelle le parcours de toute une vie : “J’ai dû comprendre mon nouveau normal, comme après l’agression de 1993”, explique-t-elle avec calme.
La carrière de Seles fut une suite de réinventions. Quitter son pays natal pour intégrer une académie américaine, assumer le statut de numéro un mondial, revenir après un traumatisme, se redéfinir à chaque étape. La maladie s’inscrit dans cette logique : transformer l’épreuve en un nouvel apprentissage, sans renoncer à la passion du sport.
L’ancienne championne prévoit de participer au prochain US Open à New York, non pas en joueuse mais en témoin, pour sensibiliser le public à la myasthénie grave. Elle y verra aussi quelques matchs, car le tennis reste son territoire intime. Elle suit avec intérêt le retour de Venus Williams, observe la nouvelle génération et rêve de commenter à la télévision, comme l’ont fait Chris Evert ou John McEnroe.
Pour le monde entier, cette confession résonne comme un rappel : les icônes sportives ne sont pas seulement des vitrines de succès, mais aussi des exemples de résistance humaine. Le courage de Monica Seles dépasse les courts. Son histoire illustre cette vérité simple : les grandes victoires ne se mesurent pas uniquement en trophées, mais dans la force de se relever, encore et toujours.