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Le déclin de « Le Monde » face à l’ascension du Maroc

29 août 2025 - 13:25

La dernière offensive éditoriale du quotidien français Le Monde contre le Maroc et son institution monarchique dépasse le cadre d’un simple débat journalistique. Elle met en lumière un déséquilibre plus profond : la difficulté d’une partie de la presse européenne à reconnaître la montée en puissance d’un partenaire du Sud qui affirme son autonomie face aux anciennes tutelles.

L’article publié par Le Monde a suscité une réponse ferme de Al Bayane, organe du Parti du Progrès et du Socialisme. L’éditorial marocain a parlé d’un « marché de dupes » et d’un « effondrement éthique ». Ces formules traduisent un état d’esprit largement partagé : celui d’une opinion publique lassée d’un traitement médiatique partial et empreint d’arrière-pensées.

L’ombre d’un réflexe post-colonial

En choisissant d’agréger rumeurs anciennes et insinuations recyclées, Le Monde illustre une tendance inquiétante : une presse européenne qui, face aux transformations du Maghreb et au repositionnement stratégique du Maroc, privilégie des narrations hostiles pour préserver un rôle d’arbitre moral. Chaque avancée diplomatique ou économique du Royaume alimente ce schéma, où le succès est aussitôt relativisé par le soupçon.

On l’a vu avec la question du Sahara marocain, où les soutiens internationaux croissants sont ramenés à des querelles secondaires, occultant le réalisme des propositions de Rabat. Même lecture pour la stratégie africaine du Maroc, souvent réduite à une manœuvre opportuniste alors qu’elle s’inscrit dans une coopération équilibrée. Plusieurs analystes y voient un réflexe post-colonial : la difficulté persistante à accepter qu’un pays du Sud se positionne comme acteur autonome, porteur de son propre agenda.

Une crédibilité bradée

Longtemps considéré comme l’étalon du journalisme français, Le Monde a bâti au XXᵉ siècle un capital symbolique immense. Son histoire, marquée par de grandes enquêtes, en faisait une institution respectée. Mais dans cette affaire, le quotidien apparaît moins comme la voix des grands équilibres que comme l’instrument ponctuel de lobbies politiques et économiques. Al Bayane le souligne avec force : Le Monde a « vendu sa crédibilité historique dans un bazar à vil prix ».

Cette formule vise juste : un média qui se voulait universel s’abandonne à des narrations de circonstance, au prix de son autorité morale. Pour les lecteurs marocains, le contraste est frappant. Alors que leur pays consolide ses réformes et renforce sa position internationale, certains journaux européens continuent de décrire un Maroc prisonnier de fragilités imaginaires.

Une bataille de récits

Au cœur de la polémique se pose la question de l’autorité à définir ce qu’est un État moderne et légitime. Pour Le Monde, cette autorité reste arrimée à un modèle occidental. Pour le Maroc, elle s’appuie sur une continuité historique, celle d’une monarchie millénaire, et sur des résultats tangibles : infrastructures modernes, diversification énergétique, diplomatie active.

Ce décalage illustre une lutte pour le récit. La presse française, héritière d’un capital symbolique, peine à reconnaître que la multipolarité redessine les hiérarchies. Les pays du Sud, et en particulier le Maroc, se définissent désormais par leur action et leur projection internationale, non par le regard d’anciennes métropoles.

Sérénité marocaine, fébrilité européenne

La réaction marocaine témoigne de cette confiance. Les exemplaires invendus de Le Monde s’empilent dans les kiosques : un geste silencieux mais éloquent. Pour les citoyens, la meilleure réponse aux caricatures médiatiques reste la réalité des réformes, des investissements et de l’influence régionale.

Cette sérénité contraste avec la fébrilité du discours parisien, marqué par l’angoisse de voir s’éroder un magistère moral. Les Marocains, confiants dans leurs institutions et leur unité, avancent sans attendre de validation extérieure.

Conclusion : deux trajectoires

La controverse entre Le Monde et Al Bayane illustre deux trajectoires divergentes. D’un côté, un média français qui s’affaiblit dans le sensationnalisme et les narrations recyclées. De l’autre, un Maroc qui, malgré ses défis, avance avec constance, porté par ses institutions et ses forces vives.

Dans ce rapport de force symbolique, la crédibilité se gagne sur le terrain des réformes, des alliances et de la stabilité. Le Maroc a choisi la sérénité. Et cette sérénité, loin d’être passive, constitue une réponse politique claire à ceux qui cherchent à lui contester sa place.

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