Les parents d’Aissa Ait Aissa réclament 1,6 million d’euros à l’État portugais, après un drame qui soulève des questions sur les droits humains et la responsabilité des institutions policières en Europe.
En Algarve, un drame judiciaire secoue le Portugal. Les parents d’un immigré marocain, Aissa Ait Aissa, mort en mars 2024 après avoir été violemment battu par deux agents de la PSP d’Olhão, demandent à l’État portugais une indemnisation de 1,6 million d’euros. Les deux policiers, inculpés pour enlèvement aggravé et homicide qualifié, attendent leur procès, suspendus de leurs fonctions.
Le 9 mars 2024, Ait Aissa et son compatriote Hassan Ait Rahou sont interpellés suite à des incidents mineurs dans un supermarché. Bien qu’aucune plainte n’ait été déposée, les agents les auraient menottés et embarqués sans procédure légale. Selon l’accusation, Ait Aissa a ensuite été conduit dans une zone isolée, roué de coups alors qu’il était encore menotté, puis abandonné sur place. Son compagnon, libéré dans un état second, a été retrouvé sur le bas-côté d’une route. Quelques jours plus tard, Ait Aissa succombait à des blessures graves : hémorragies intracrâniennes, fractures multiples à la tête et à la colonne.
Cette affaire dépasse le seul champ pénal. Elle interroge le respect des droits humains, la responsabilité de l’État et la manière dont les institutions réagissent lorsque ceux qui incarnent la loi deviennent les artisans de l’injustice. Pour la famille, la réparation financière réclamée ne vise pas seulement à compenser une perte irréparable : elle symbolise une exigence de dignité et de reconnaissance.
Pour les Marocains, ce drame résonne profondément. Il rappelle que les droits des migrants restent fragiles en Europe et que la protection de la vie et de l’intégrité humaine doit primer sur toute logique institutionnelle. Chaque abus de pouvoir qui coûte une vie mine la confiance dans l’État de droit.
Le Portugal, membre de l’Union européenne et signataire de conventions internationales, se trouve face à une épreuve. L’indemnisation demandée ne pourra jamais ramener Aissa Ait Aissa, mais elle peut ouvrir la voie à une justice plus transparente, à des réformes nécessaires et à un message clair : l’autorité n’autorise pas l’impunité.