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À Venise, cinéma et solidarité se croisent dans les protestations pour la Palestine

30 août 2025 - 17:42

Au cœur du Festival de Venise, le glamour de la Mostra s’est heurté à la marche de milliers de manifestants venus dénoncer un « génocide » à Gaza : un contraste saisissant entre festivité culturelle et engagement politique.

Sous les ors du Lido, une vague silencieuse, mais déterminée, a envahi la plage vénitienne. Plus de 5 000 personnes, selon les organisateurs de Venice4Palestine, ont défilé samedi aux abords du Festival de Venise. Banderoles, drapeaux palestiniens et slogans tels que « Stop au génocide » ou « Palestine libre » ont marqué ce moment de mobilisation politique, dans un lieu soudain privé de son aura purement artistique. Le geste s’inscrit dans une stratégie claire du collectif : profiter de la visibilité mondiale du festival pour solliciter une prise de position publique. Une pétition rassemblant plus de 1 500 signatures, exigeant notamment le retrait des invitations des acteurs Gal Gadot et Gerard Butler, jugés proches du gouvernement israélien, illustre ce désir de politisation culturelle.

Face à la pression, Alberto Barbera, directeur artistique de la Biennale, a réaffirmé que la Mostra reste un lieu de débat et non de censure : « Nous ne boycottons aucun artiste », a-t-il souligné, tout en exprimant sa peine pour les victimes civiles à Gaza. La sélection inclut d’ailleurs un film phare de cette édition, The Voice of Hind Rajab, qui raconte les dernières heures tragiques d’une enfant palestinienne, un choix éditorial fort qui dénonce la guerre à travers le langage du cinéma.

Ce festival rappelle que l’art ne peut rester silencieux face aux conflits qui secouent le monde. Loin d’être un écrin suspendu hors des réalités, Venise devient un théâtre où se jouent aussi les conflits géopolitiques et les responsabilités morales. La présence de figures internationales arborant des signes de solidarité avec Gaza confirme cette convergence entre cinéma et engagement humanitaire. Les images de stars défilant sur le tapis rouge rivalisent désormais avec celles de manifestants scandant l’urgence d’arrêter les massacres.

Cette édition du Festival de Venise montre que le cinéma ne se réduit plus à l’élégance superficielle. Il devient une plateforme d’humanité. Les rues du Lido, converties en tribune de solidarité, prouvent que la culture peut aussi être acte. Car dans la beauté comme dans la tragédie, le film le plus puissant reste celui qui questionne notre responsabilité collective.

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