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Santé mentale : plus d’un milliard de personnes touchées dans le monde, l’OMS tire la sonnette d’alarme

02 septembre 2025 - 19:29
Illustration des troubles mentaux : plus d’un milliard de personnes concernées dans le monde, selon l’OMS.
Illustration des troubles mentaux : plus d’un milliard de personnes concernées dans le monde, selon l’OMS.

Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de rappeler l’ampleur du défi : plus d’un milliard de personnes vivent aujourd’hui avec un trouble mental. Derrière ces chiffres glaçants se dessine une réalité sociale et politique qui interpelle tous les pays, y compris le Maroc, où la question de la santé psychique reste encore reléguée au second plan.

C’est une statistique qui devrait provoquer un sursaut mondial. L’OMS alerte : 1,095 milliard de personnes souffrent d’un trouble mental, soit 13,6 % de la population mondiale. L’anxiété et la dépression concentrent la majorité des cas, touchant de manière disproportionnée les femmes. Mais derrière ces pourcentages, il faut lire autre chose qu’une liste médicale : ce sont des vies entravées, des familles bousculées, des sociétés fragilisées.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, le dernier rapport met en évidence une réalité difficile à ignorer : plus d’un milliard de personnes dans le monde vivent aujourd’hui avec un trouble mental, ce qui en fait une urgence sanitaire et sociale d’une ampleur planétaire et un appel direct à des réformes profondes dans les politiques publiques.

L’OMS insiste sur plusieurs dynamiques. La pandémie de Covid-19 a accéléré la fragilisation psychique des plus jeunes. Les réseaux sociaux, omniprésents dans leur quotidien, amplifient comparaisons et isolement. La multiplication des guerres, des conflits et des violences domestiques contribuent à ce climat d’angoisse généralisée. « Plus de guerre, plus d’inégalités, plus de violences : autant de sources qui nourrissent la dépression et l’anxiété », a résumé Mark Van Ommeren, responsable de la santé mentale à l’OMS.

Mais l’urgence n’est pas seulement globale, elle est nationale. Le Maroc, où la jeunesse constitue le cœur démographique, se retrouve confronté à ce défi avec des ressources limitées. On estime à moins de 350 le nombre de psychiatres dans le secteur public, pour des millions de jeunes exposés aux vulnérabilités. Dans ce contexte, les chiffres mondiaux doivent être lus comme un miroir : le « milliard » annoncé par l’OMS se traduit ici par des milliers de destins abîmés, souvent dans le silence.

La question, désormais, dépasse la médecine. Elle touche à la capacité des États à construire une école qui intègre l’éducation émotionnelle, à déployer des dispositifs de première ligne dans les quartiers et à briser la stigmatisation. « Investir dans la santé mentale n’est pas un privilège, mais une responsabilité des gouvernements », a martelé Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. Ce message vaut pour le monde entier, mais il prend une résonance particulière dans les sociétés où la parole sur la souffrance psychique reste encore taboue.

Si l’OMS appelle à investir, c’est parce que chaque dollar engagé rapporte en retour, en productivité, en cohésion sociale, en dignité humaine. C’est aussi parce que derrière la statistique d’un suicide toutes les cent morts dans le monde se cachent des visages trop jeunes, trop fragiles. Et parce que les solutions existent : former des généralistes au repérage précoce, élargir la téléconsultation pour les zones rurales, ou encore associer les familles dans les parcours de soins.

Plus qu’un rapport, ces chiffres devraient être lus comme un avertissement. À défaut, nous risquons de banaliser l’impensable : qu’un adolescent sur six grandisse aujourd’hui dans la détresse psychologique sans accès aux soins.

La santé mentale n’est pas un luxe. C’est une condition de la citoyenneté, de la prospérité, de la dignité. Le milliard d’êtres humains concernés ne peut rester une abstraction. Il incarne un appel pressant à repenser nos priorités collectives.

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