La rencontre entre Mahmoud Ali Youssouf et Teresa Ribera à Addis-Abeba souligne l’urgence d’une coopération plus équilibrée entre l’Afrique et l’Europe, à la veille d’un sommet décisif prévu en novembre à Luanda.
L’Union africaine et l’Union européenne multiplient les gestes de rapprochement. La réunion entre Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, et Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission européenne, en marge du deuxième sommet Afrique–Caricom à Addis-Abeba, en est une nouvelle illustration. Les deux responsables ont insisté sur le multilatéralisme, le commerce équitable et surtout l’investissement dans l’adaptation climatique.
Au-delà de la diplomatie, ce dialogue traduit un rapport de forces en mutation. L’Afrique, l’une des régions les plus exposées aux effets du changement climatique, ne veut plus être un simple bénéficiaire de l’aide internationale. Elle exige désormais des partenariats basés sur la corresponsabilité et l’investissement productif, notamment dans les énergies renouvelables, l’agriculture durable et les infrastructures vertes.
Le prochain sommet UA–UE, prévu à Luanda en novembre, marquera 25 ans de partenariat entre les deux blocs. Mais il devra aller plus loin que les déclarations de principe. Paix et sécurité, intégration économique, transition numérique et mobilité humaine figurent à l’ordre du jour. Pour l’Afrique, l’enjeu central est d’obtenir des engagements financiers crédibles pour accompagner sa croissance dans un monde marqué par la crise climatique.
Dans ce contexte, le Maghreb et particulièrement le Maroc occupent une place singulière. Le Royaume a déjà démontré son leadership dans la transition énergétique, avec le complexe solaire Noor à Ouarzazate et ses projets d’hydrogène vert. Il peut jouer le rôle de pont entre l’Europe et l’Afrique, offrant des solutions concrètes là où d’autres pays se limitent aux discours.
L’Europe, confrontée à ses propres défis énergétiques et migratoires, ne peut ignorer cette dimension. Miser sur un partenariat renforcé avec l’Afrique n’est plus une option, mais une nécessité stratégique. Les discussions engagées à Addis-Abeba sont une étape, mais le véritable test viendra en novembre : l’heure où les promesses devront se traduire en engagements mesurables.