>

Eurovisión sous tension: Israël face au spectre de l’exclusion

18 septembre 2025 - 17:07

Plus d’une cinquantaine de députés européens ont demandé à l’Union européenne de radiodiffusion d’écarter Israël du concours Eurovision. Cette initiative, qui fait écho à la décision de la RTVE espagnole de conditionner sa participation en 2026, illustre à quel point la guerre de Gaza s’invite désormais au cœur d’un événement culturel censé célébrer l’unité.

L’Eurovision a toujours été plus qu’un simple concours de chansons. Depuis sa création en 1956, il s’est voulu vitrine de la coopération culturelle européenne. Pourtant, l’édition 2026 pourrait se transformer en symbole des fractures internationales. Les eurodéputés signataires, issus en majorité de la gauche et des Verts mais rejoints par des socialistes et des libéraux, estiment qu’autoriser Israël à concourir revient à offrir une normalisation culturelle alors même que la Cour de La Haye enquête sur des crimes de guerre à Gaza.

Le parallèle avec la Russie en 2022 est évident. L’Union européenne de radiodiffusion avait alors exclu Moscou dès les premiers jours de l’invasion de l’Ukraine, au motif que sa présence portait atteinte à la réputation du concours. Pour les eurodéputés, il s’agit d’appliquer une règle uniforme: un État accusé de violations graves du droit international ne saurait bénéficier d’une scène qui se présente comme neutre et festive.

La position espagnole a renforcé la pression. Le Conseil d’administration de la RTVE a voté le retrait d’Espagne si Israël participe en 2026, une décision qui place Madrid en tête d’un mouvement déjà suivi par l’Irlande, l’Islande, la Slovénie et les Pays-Bas. L’Espagne devient ainsi le premier pays du “Big Five” à lier sa présence à l’exclusion d’un autre État.

À Bruxelles, la Haute Représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, adopte une approche différente. Elle juge ces boycotts culturels contreproductifs, estimant qu’ils pénalisent les citoyens israéliens plutôt que d’accroître la pression sur le gouvernement. Cette divergence entre institutions européennes, radiotélévisions publiques et élus souligne la profondeur du clivage.

Eurovision reflète aujourd’hui un dilemme plus large. Peut-on séparer culture et politique dans un contexte de guerre? L’Europe, qui a toujours revendiqué la dimension rassembleuse de ce concours, se retrouve contrainte d’arbitrer entre neutralité culturelle et exigence de cohérence éthique.

Pour le Maghreb et pour l’opinion arabe en général, cette polémique confirme que Gaza s’impose comme enjeu moral incontournable dans les débats européens. Le concours de Vienne en 2026 risque de devenir autant une scène musicale qu’un test de crédibilité pour l’Europe.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *