Le soutien du Portugal à l’initiative marocaine d’autonomie pour le Sahara ne relève plus d’une posture diplomatique passagère. Il s’affirme désormais comme une position assumée, constante et inscrite dans la continuité, confirmant le rôle des partenaires européens du Sud dans la reconnaissance de la marocanité du Sahara.
À Lisbonne, le Groupe parlementaire du Parti social-démocrate (PSD), force centrale de la coalition de droite au pouvoir, a réitéré devant l’Assemblée de la République que le plan d’autonomie proposé par Rabat demeure la base la plus crédible et constructive pour parvenir à une solution politique durable sous l’égide des Nations Unies. En insistant sur l’absence d’ambiguïté, le PSD a replacé la position portugaise dans la ligne de la déclaration conjointe signée le 22 juillet 2025 entre Rabat et Lisbonne.
Pour le Portugal, renforcer le partenariat avec le Maroc contribue à stabiliser l’Atlantique et à consolider un axe euro-maghrébin indispensable à la sécurité, à l’énergie et aux flux humains. Le Sahara, dans cette lecture, ne se réduit pas à un différend régional ; il devient un enjeu européen de stabilité et de coopération.
Le débat parlementaire portugais, lancé par le parti Chega, visait à interroger la reconnaissance explicite de la souveraineté marocaine. La réponse du PSD a été sans équivoque : Lisbonne n’a jamais établi de contact avec la soi-disant « république sahraouie » et maintient son engagement aux côtés du Maroc. Il ne s’agissait donc pas de trancher une divergence, mais de consolider un consensus déjà acté au sommet de l’État.
À Rabat, les réactions se sont multipliées. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a salué cette réaffirmation, tandis que le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a renouvelé, lors d’une rencontre à New York, ses remerciements à son homologue portugais. Ces échanges rappellent que la convergence maroco-portugaise s’inscrit dans le temps long, indépendamment des alternances politiques à Lisbonne.
L’initiative portugaise s’insère dans un mouvement européen plus large. L’Espagne a ouvert la voie en 2022, suivie par l’Allemagne et les Pays-Bas, qui considèrent aussi le plan d’autonomie comme une base réaliste. Le choix de Lisbonne renforce cet élan, en donnant au Sud de l’Europe un rôle moteur dans la reconnaissance de la marocanité du Sahara. Le message adressé aux capitales encore hésitantes est limpide : l’heure est venue de transformer les gestes isolés en position commune.
Cette clarté politique a également une portée pour l’opinion publique marocaine. Voir un pays membre de l’Union européenne et de l’espace lusophone afficher sans réserve son appui constitue un signe tangible de crédibilité. Pour le Maroc, chaque soutien parlementaire ou gouvernemental à son plan d’autonomie ne se limite pas à un communiqué. Il représente une étape dans la construction d’une légitimité internationale patiemment consolidée. Que Lisbonne se joigne à cette dynamique conforte la profondeur des relations bilatérales et reflète une confiance réciproque entre les deux rives de l’Atlantique.
À l’échelle européenne, la consolidation de la position portugaise souligne l’urgence d’une stratégie commune. Il ne s’agit plus d’accumuler des appuis dispersés, mais de bâtir une approche cohérente intégrant le Sahara marocain dans les perspectives de partenariat euro-maghrébin. Par son histoire maritime et sa culture du dialogue, le Portugal dispose d’atouts pour entraîner d’autres partenaires. En s’alignant clairement sur Rabat, Lisbonne ne parle pas seulement au Maroc, elle interpelle aussi Bruxelles et les capitales encore prudentes.