>

Forum de Paris sur la Paix : refonder le multilatéralisme face aux défis du XXIe siècle

29 octobre 2025 - 12:36

L’édition 2025 du Forum de Paris sur la Paix s’ouvre dans un monde secoué par les guerres, la crise climatique et la montée des technologies non régulées. L’événement appelle à forger de nouvelles alliances globales capables de réinventer la coopération internationale.

Au Palais de Chaillot, symbole historique de la diplomatie et des droits humains, plus de 3 000 participants venus de tous les continents se réunissent pour réfléchir aux formes de gouvernance nécessaires à la stabilité mondiale. Cette huitième édition, placée sous le thème « Nouvelles coalitions pour la paix, les peuples et la planète », entend relier les grandes causes de notre temps : les conflits armés, la dégradation de l’environnement, la fragilité du multilatéralisme et les risques liés à l’intelligence artificielle.

Dans son discours d’ouverture, le président du Forum, Ángel Gurría, a rappelé que les fractures du monde contemporain ne pourront être surmontées sans une action collective ambitieuse. « Les tensions géopolitiques, la dette, le changement climatique et les technologies incontrôlées appellent à des alliances audacieuses, capables de dépasser les divisions entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest », a-t-il déclaré.

L’ancien secrétaire général de l’OCDE, connu pour sa défense du dialogue global, a souligné que la paix reste indissociable du bien-être des peuples et de la santé de la planète. Ce message résonne à quelques jours de la COP30 au Brésil, dix ans après les Accords de Paris, dans un contexte où les promesses climatiques semblent s’effriter face aux urgences économiques et géopolitiques.

La Chilienne Michelle Bachelet, ex-présidente et ancienne Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a insisté sur la complexité des conflits contemporains. Les guerres, a-t-elle rappelé, se mènent désormais « dans les villes, dans le cyberespace et dans les esprits ». D’où la nécessité de replacer l’humain au cœur du système international : « Nous devons renouveler le pacte mondial, un pacte qui fasse des personnes non un idéal, mais la mesure de notre réussite. »

L’appel au multilatéralisme s’impose comme une réponse au désordre mondial. Alors que plusieurs puissances augmentent leurs budgets militaires et réduisent l’aide humanitaire, le Forum de Paris rappelle que la coopération demeure la seule voie crédible vers la paix durable. Dans les débats de cette édition, les questions de gouvernance numérique, de régulation de l’intelligence artificielle et de dette souveraine occupent une place centrale.

Pour la diplomatie française, l’enjeu est double : réaffirmer son rôle d’architecte du multilatéralisme et démontrer que la paix passe par des partenariats équilibrés avec le Sud global. Le Maroc, pays clé dans la diplomatie régionale et la médiation internationale, illustre par son action la contribution constructive des États africains aux questions de sécurité, de climat et de développement humain.

Depuis sa création en 2018 à l’initiative du président Emmanuel Macron, le Forum de Paris sur la Paix s’est imposé comme un laboratoire d’idées destiné à transformer les principes en actions concrètes. Loin d’un simple sommet, il se veut un espace de coopération horizontale, où gouvernements, ONG, entreprises et institutions académiques expérimentent des solutions partagées.

Dans les couloirs du Palais de Chaillot, là même où fut adoptée la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, plane un sentiment d’urgence. La paix n’est plus un horizon abstrait mais une tâche collective. Les crises de Gaza, d’Ukraine ou des Grands Lacs africains rappellent que l’absence de coopération internationale aggrave la fragmentation du monde.

Face à cette réalité, le Forum aspire à renouer avec l’esprit de Paris, celui du dialogue et de la responsabilité partagée. La paix ne se décrète pas, elle se construit chaque jour à travers les choix politiques, économiques et technologiques que nous faisons.

Le multilatéralisme n’est pas un vestige d’un ordre ancien. Il représente, plus que jamais, une nécessité éthique et stratégique pour le XXIe siècle.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *