Publié dans le Diário de Notícias, principal quotidien portugais, l’article de Raúl M. Braga Pires marque un tournant symbolique dans la lecture européenne du dossier du Sahara marocain. Cinquante ans après le début du différend, la voix d’un intellectuel portugais vient confirmer ce que la diplomatie a progressivement établi : la solution marocaine est devenue la référence politique et juridique du réalisme international.
Raúl M. Braga Pires, politologue et chroniqueur portugais, est professeur invité à l’Université de Lisbonne et collaborateur régulier du Diário de Notícias. Spécialiste des relations euro-méditerranéennes, il plaide depuis plusieurs années pour une approche fondée sur la stabilité, la coopération atlantique et le respect mutuel entre le Portugal et le Maroc.
Dans sa tribune, Braga Pires affirme sans détour que “le Sahara est marocain, point final”. Derrière cette formule tranchée, il salue la résolution du Conseil de sécurité du 31 octobre 2025, qui confirme le rôle central de l’Initiative d’autonomie présentée par Rabat en 2007. Le texte, adopté par onze voix sur quinze, reconnaît que cette initiative demeure “la seule base réaliste et applicable” pour parvenir à une solution politique durable.
Lisbonne rejoint la clarté diplomatique
Cette position s’inscrit dans une évolution plus large des équilibres européens. Après Madrid, Berlin et La Haye, le Portugal a rejoint cet été le camp des capitales qui soutiennent ouvertement la proposition marocaine. Ce ralliement, acté sous le gouvernement social-démocrate, illustre un choix de clarté et de cohérence : considérer la stabilité du Maghreb comme un pilier de la sécurité européenne.
Pour Braga Pires, cette reconnaissance dépasse la question territoriale. Elle reflète une mutation profonde : le Maroc n’est plus perçu comme un acteur régional parmi d’autres, mais comme un pôle de stabilité, capable de concilier souveraineté et développement. Dans ses provinces du Sud, les infrastructures, universités, zones franches et projets énergétiques incarnent une souveraineté vécue au quotidien. Le dossier du Sahara est ainsi passé du langage de la revendication à celui de la gouvernance.
La fin de l’ambiguïté européenne
L’auteur souligne que les grandes puissances – États-Unis, France, Royaume-Uni, Espagne et désormais Portugal – convergent sur une approche pragmatique. L’autonomie se présente désormais comme une voie d’avenir reconnue par la communauté internationale. Cette convergence marque un basculement idéologique où la légitimité historique du Maroc rejoint la logique du développement partagé.
Une diplomatie de constance et d’équilibre
Le texte évoque également le discours de, SM le Roi Mohammed VI après l’adoption de la résolution. Le souverain y voit non pas une victoire, mais une étape vers un futur commun. Il appelle les habitants des camps de Tindouf à rejoindre la vie nationale et invite le président algérien Abdelmadjid Tebboune à renouer un “dialogue fraternel fondé sur la confiance et la bonne voisinage”. Loin du triomphalisme, cette posture reflète la constance marocaine : unir plutôt que diviser, intégrer plutôt qu’exclure.
Une leçon portugaise de réalisme clairvoyant
La tribune de Braga Pires n’est pas seulement un hommage à la diplomatie marocaine. Elle révèle la maturité politique du Portugal, qui choisit la clarté plutôt que l’ambiguïté, et l’engagement plutôt que la prudence stérile. Au milieu des bouleversements géopolitiques et des tensions régionales, cette voix européenne apporte une portée morale en affirmant que reconnaître la souveraineté marocaine revient à reconnaître la valeur du temps long, du développement concret et du dialogue sincère.
Cinquante ans après le déclenchement du conflit, le 31 octobre 2025 restera peut-être comme la date où s’est ouvert le processus de sa résolution définitive. En soutenant explicitement le plan d’autonomie, Lisbonne se place du côté du réalisme et du respect du droit international.
Comme l’écrit Raúl M. Braga Pires dans le Diário de Notícias, « cinquante ans plus tard, le Sahara est marocain, point ». Cette affirmation, à la fois directe et mesurée, traduit un constat partagé au-delà de Lisbonne. Le Maroc n’a pas imposé sa cause par la force, mais par la constance. Et cette constance, désormais reconnue en Europe, redéfinit la géographie morale et politique du Maghreb.