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Maroc–INTERPOL : Entretien stratégique à Abou Dabi

13 novembre 2025 - 10:06

La matinée du 12 novembre, à Abou Dabi, a été marquée par une rencontre bilatérale entre Mohamed Benalilou, président de l’Autorité nationale de probité, de prévention et de lutte contre la corruption (ANPPLC) du Maroc, et Ahmed Nasser Al‑Raisi, président de l’INTERPOL. Leur échange s’inscrit dans le cadre de la « Global Conference on Anti-Corruption and Asset Recovery », organisée par INTERPOL du 11 au 13 novembre 2025 à Abou Dabi.

Lors de cet entretien, l’accent a été mis sur les mécanismes d’intégration entre les pouvoirs publics marocains – notamment l’ANPPLC, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) –, et les plateformes internationales de coopération policière et judiciaire. Le modèle marocain de coordination inter-institutions a été présenté comme un exemple à valoriser.

La présentation du modèle marocain de coordination n’est pas un simple exercice de visibilité institutionnelle. Elle traduit une volonté de structurer, de manière plus lisible, la relation entre les organes nationaux chargés de l’intégrité publique et les plateformes internationales de coopération policière. Cette démarche vise à inscrire la lutte contre la corruption et la récupération des avoirs illicites dans un cadre opérationnel mieux articulé, où les responsabilités, les circuits d’échange et les priorités d’action deviennent plus clairement définis. Pourtant, cette ambition recèle des défis : la traduction effective des accords internationaux en actions concrètes reste un terrain glissant. Les mécanismes de suivi, de transparence et de reddition de comptes dans la coopération internationale méritent d’être renforcés.

D’un point de vue stratégique, cette réunion doit être lue comme un signal envoyé à plusieurs acteurs : États, institutions multilatérales, et organisations de la société civile. Elle réaffirme que le Maroc entend jouer un rôle actif dans la lutte contre la corruption transnationale. Néanmoins, l’enjeu restera d’équilibrer efficacité, respect des droits et coopération structurée. Car une fois la signature posée, viennent les questions : Quels indicateurs de progrès ? Quel pilotage transfrontalier ? Quelle reddition de comptes ?

En élargissant la perspective, cette impulsion s’inscrit dans une démarche plus vaste : l’intégration de la lutte contre la corruption aux politiques de sécurité nationale et internationale. Le lien tissé entre la probité, la coopération policière et la récupération des avoirs illégaux se configurerait alors comme un nouveau pilier du « partenariat pour la sécurité » qui unit le Maroc à ses partenaires.

Cette rencontre à Abou Dabi pourrait constituer un tournant si elle s’accompagne d’un passage du formel au concret. Le Maroc adopte aujourd’hui un modèle d’“intégrité active”, en se positionnant dans les réseaux de coopération globale. Il reste à traduire cette posture en résultats mesurables, car l’efficacité d’un dispositif se juge d’abord à ses effets concrets plutôt qu’à ses déclarations.

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