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Cinquante ans après la Marche Verte, une nouvelle lecture internationale

14 novembre 2025 - 10:21

Dr. MOHAMED EL HOURCH*

 

Une lecture équilibrée qui relie l’héritage de 1975 aux évolutions diplomatiques de 2025.

Le Maroc vient de vivre une séquence doublement symbolique qui associe la commémoration du cinquantième anniversaire de la Marche Verte et l’adoption, par le Conseil de sécurité, de la résolution 2797 réaffirmant une orientation qui renforce la position marocaine sur la question du Sahara. La convergence temporelle entre ces deux événements offre un moment privilégié pour relire l’histoire, comprendre la trajectoire diplomatique du Royaume et mesurer la transformation progressive des perceptions internationales.

La Marche Verte, matrice d’un imaginaire national toujours vivant

Le 6 novembre 1975 demeure l’une des dates majeures de l’histoire contemporaine marocaine. L’initiative lancée par Feu SM le Roi Hassan II a fédéré 350 000 volontaires qui se sont avancés vers le Sud avec une discipline exemplaire. L’événement a exrpimé une volonté collective de mettre fin à la présence coloniale espagnole et de rétablir l’intégrité territoriale du pays. L’avis consultatif de la Cour Internationale de Justice rendu quelques semaines auparavant avait reconnu des liens historiques d’allégeance entre les tribus sahariennes et la Couronne marocaine, ce qui renforçait la légitimité de l’action.

Cinquante ans plus tard, la Marche Verte reste un repère politique, un symbole de cohésion nationale et un moment fondateur dans la relation entre le peuple et le Trône. Son poids dans l’imaginaire collectif explique en partie la manière dont la question du Sahara continue d’être perçue, discutée et investie par les générations successives.

Un demi-siècle de diplomatie patiente, structurée et visible

Le texte original insistait sur une continuité stratégique qui s’étend de 1975 à 2025. Cette continuité a été préservée. Le Maroc a accumulé cinquante années de diplomatie active afin de faire reconnaître son approche, fondée sur la stabilité et la recherche de solutions politiques. Les efforts se sont traduits par un soutien diplomatique élargi. Les États-Unis ont pris position en 2020, l’Espagne et la France ont suivi, et cette évolution progressive a contribué à un réalignement plus large au niveau international.

Ce mouvement ne s’explique pas uniquement par les alliances. Il résulte aussi d’une transformation profonde des provinces du Sud. Les investissements en infrastructures, les zones industrielles, les ports, les routes et les programmes sociaux ont donné à ces régions une dynamique qui influence la perception extérieure du dossier. Le développement n’est pas traité ici comme un argument politique, mais comme un fait structurel qui pèse sur l’analyse des acteurs internationaux.

La résolution 2797, un tournant interprété comme la confirmation d’une tendance

La résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025 par les Nations Unies oriente les discussions vers une autonomie inscrite dans la souveraineté marocaine. Le texte original soulignait ce point, et il a été conservé. Le changement ne réside pas dans une rupture, mais dans l’accumulation de signaux diplomatiques qui traduisent une évolution de la lecture internationale du dossier.

Les réalités géopolitiques du Sahel, la sécurité énergétique en Méditerranée et les enjeux migratoires pèsent désormais sur les choix des grandes puissances. La stabilité territoriale devient une donnée centrale dans l’évaluation des scénarios possibles. Ce nouvel environnement explique la perte d’influence de visions figées construites au temps de la guerre froide maghrébine.

Un contraste persistant entre dynamiques de développement et discours figés

Le texte original affirmait que certaines argumentations adverses s’essoufflaient. Cette idée est maintenue, mais formulée de manière plus analytique. Les évolutions diplomatiques récentes ont fragilisé des discours qui restent attachés à des représentations anciennes. Pendant que Rabat parle gouvernance, investissement et intégration régionale, d’autres acteurs peinent à renouveler leur cadre d’analyse. Ce décalage est observable dans la manière dont les médias, les institutions et les chancelleries interprètent désormais la question du Sahara marocain.

Conclusion

Cinquante ans après la Marche Verte, la question du Sahara marocain s’inscrit dans une réalité nouvelle où l’histoire, la diplomatie et le développement convergent. La résolution 2797 représente une étape importante dans cette évolution. Elle consacre une orientation qui gagne en stabilité, tout en laissant ouvertes les discussions politiques nécessaires au sein de la région. Le Maroc poursuit une stratégie de long terme où la souveraineté s’accompagne d’un projet de développement inclusif. Le dossier avance donc sur un terrain moins idéologique et plus pragmatique, ce qui constitue l’un des changements majeurs de ce cinquantenaire.

 

Dr. Mohamed El Hourch est président de la fédération des Associations Franco-Marocaines du Grand Ouest Fr. FAFM-GO et Secrétaire Général du Conseil National d’Inclusion et Participation des Compétences Marocaines du Monde (CNIPCM)

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