Le Maroc a renouvelé mercredi à Rome son siège au Comité exécutif de la Commission du Codex Alimentarius pour la région Afrique. Cette reconduction de deux ans, obtenue lors de la 48ᵉ session du Codex à la FAO, confirme l’ancrage du Royaume comme acteur central des normes alimentaires internationales.
Le Royaume, représenté par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), consolide ainsi une présence construite patiemment depuis son adhésion au Codex en 1968. La décision n’a rien de protocolaire : elle reflète la crédibilité acquise par le Maroc dans un domaine où la technique, la diplomatie et les impératifs du commerce mondial se croisent de plus en plus.
Le Codex Alimentarius occupe une place stratégique dans la gouvernance alimentaire mondiale. Ses normes servent de référence à l’Organisation mondiale du commerce et structurent l’accès aux marchés, en particulier pour les pays en développement dont les exportations agricoles dépendent du respect rigoureux de ces standards. Pour les États africains, souvent confrontés à des contraintes de certification, l’élection du Maroc comme représentant régional introduit un levier diplomatique utile.
Le Royaume a multiplié ces dernières années les initiatives de coordination africaine autour des questions de sécurité sanitaire, encourageant une participation accrue aux travaux du Codex. Cette dynamique régionale est devenue l’un des marqueurs de la diplomatie technique marocaine : défendre les intérêts du continent tout en renforçant sa propre capacité d’influence dans un secteur sensible, celui de la qualité et de la sécurité des denrées.
La reconduction du Maroc traduit également la confiance accordée à l’ONSSA, institution dont l’expertise est reconnue au niveau international. L’expérience accumulée dans la gestion des filières, l’harmonisation des normes et la surveillance sanitaire place le pays en position d’arbitre crédible dans les discussions qui façonnent l’architecture mondiale du commerce agroalimentaire.
Le Comité exécutif, composé de représentants régionaux élus sur une base géographique équilibrée, oriente le programme de travail et les priorités stratégiques du Codex. La présence marocaine offre ainsi une opportunité de peser sur les choix à venir, qu’il s’agisse de nouvelles normes, de l’encadrement des produits transformés ou des exigences liées à la traçabilité.
Cette reconduction souligne la place prise par le Maroc dans une gouvernance alimentaire mondiale où les normes deviennent décisives pour l’accès aux marchés et la protection des consommateurs. Elle renforce également la capacité de l’Afrique à participer pleinement à l’élaboration des règles qui structurent les échanges agroalimentaires internationaux.