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L’ONU lance à COP30 le « Belém Health Action Plan » : quand santé et climat convergent

14 novembre 2025 - 16:02

Lors de la 30ᵉ conférence des parties (COP30) à Belém, au Brésil, l’World Health Organization (OMS), l’United Nations University et le gouvernement brésilien ont dévoilé le « Belém Health Action Plan », un cadre inédit d’action pour adapter les systèmes de santé mondiaux aux effets du changement climatique, tandis que l’United Nations Environment Programme (UNEP) a lancé une initiative visant à réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2030 pour limiter les émissions de méthane.

L’agenda de cette COP30 marque une évolution notable : pour la première fois, la relation entre santé publique et changement climatique est directement abordée comme un double enjeu. Le Plan de Belém formalise ce rapprochement. Il fixe des objectifs concrets : renforcer la surveillance des effets climatiques sur la santé, mobiliser des financements, développer des politiques fondées sur des preuves et donner voix aux communautés vulnérables.

Parallèlement, l’initiative « Food Waste Breakthrough », pilotée par l’UNEP, cible la réduction de plus d’un milliard de tonnes de nourriture jetées chaque année, ce qui représente jusqu’à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et 14 % des émissions de méthane — gaz bien plus puissant que le CO₂ sur vingt ans.

Le contexte dans lequel s’inscrit cette annonce est marqué par des températures record, une multiplication des phénomènes extrêmes — sécheresses, inondations, fortes chaleurs — et une pression accrue sur les systèmes de santé, notamment dans les pays du Sud. La COP30, tenue à Belém au cœur de l’Amazonie, incarne cette urgence.

Cette séquence souligne deux enseignements. D’abord, elle rappelle que la santé ne peut plus être conçue comme une question purement interne aux États  : elle s’inscrit désormais dans les trajectoires globales du climat. Un pays comme le Maroc, soumis à des vagues de chaleur intenses ou à des épisodes de sécheresse, doit considérer ses politiques sanitaires et climatiques comme imbriquées.

Ensuite, l’accent mis sur le gaspillage alimentaire ouvre un terrain d’innovation pour les économies agricoles du Maghreb. Réduire les pertes dans la chaîne alimentaire, améliorer la gestion des ressources hydriques et adopter des technologies de transformation pourraient devenir des leviers de justice climatique et de développement économique.

Le « Belém Health Action Plan » modifie le calendrier de la lutte climatique. Il fait basculer l’attention vers l’adaptation et la protection des systèmes vitaux — dont la santé humaine — et non seulement vers la réduction des émissions. Pour le Maroc et la région, c’est l’occasion d’agir dans un cadre désormais crédible et multilatéral, où les enjeux sanitaires et climatiques se rejoignent.

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