La publication officielle de la résolution 2797 par les Nations Unies met fin à trois semaines de confusion entretenue par Alger. Le texte, désormais accessible dans les six langues de l’ONU, confirme la réalité que l’Algérie tente d’effacer depuis des décennies. Le processus politique créé par le Conseil de sécurité s’appuie sur quatre acteurs et non sur un tête-à-tête imaginaire entre le Maroc et le Polisario.
La diplomatie algérienne vient de subir un revers retentissant. Pendant vingt-quatre jours, Alger a bloqué la publication de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, retard rarement observé dans les pratiques du Secrétariat des Nations Unies. Ce blocage avait un objectif précis. Imposer une modification de vocabulaire afin d’effacer son rôle dans le conflit régional autour du Sahara marocain. Une tentative minutieusement planifiée, mais déjouée par la transparence de la procédure onusienne.
La version officielle mise en ligne par l’ONU confirme que les négociations futures se fondent sur la formule consacrée des parties prenantes. Cette formulation implique le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario. Alger souhaitait que la traduction arabe soit altérée pour introduire l’expression deux parties. Une démarche qui visait à isoler Rabat face au Polisario et à se retirer de la scène politique où sa propre responsabilité demeure pourtant reconnue depuis 1975.
Ce geste révèle deux vérités. D’abord, l’Algérie sait que sa ligne diplomatique s’effrite face à l’évolution du contexte international. Ensuite, elle cherche désespérément à empêcher que la communauté internationale consolide la centralité du plan marocain d’autonomie, aujourd’hui reconnu comme la base la plus sérieuse et la plus crédible par une majorité d’États. Les pressions exercées sur le Secrétariat général relèvent donc davantage de la politique intérieure algérienne que d’une stratégie internationale cohérente.
La résolution 2797 rappelle aussi que la transparence demeure la meilleure arme contre les manipulations. Les artifices linguistiques n’ont pas résisté à l’examen juridique. Le Conseil de sécurité a confirmé que la dynamique actuelle repose sur un principe clair. Les quatre acteurs doivent s’impliquer dans un processus politique réaliste et durable. Cette précision réaffirme le fait que l’Algérie n’est pas un voisin observateur, mais bel et bien un acteur central qui finance, arme et soutient le Polisario depuis sa création.
La tentative d’Alger d’influer sur la traduction montre que le récit officiel algérien arrive à un tournant délicat. Sur la scène internationale, la reconnaissance croissante de la marocanité du Sahara, les investissements massifs du Maroc dans la région et la stabilité que Rabat garantit au Sahel pèsent davantage que les slogans de la propagande algéro-tindoufienne. La position de l’Algérie apparaît donc comme une posture de résistance idéologique plutôt que comme une contribution à une solution constructive.
La région suit désormais un mouvement inverse. Les partenaires européens multiplient les accords avec Rabat. Les États africains consolident leur soutien au plan d’autonomie. Les organisations internationales appellent à une approche pragmatique. Face à cette dynamique, la stratégie de blocage d’Alger relève davantage du réflexe défensif que d’une vision diplomatique. Les faits l’ont encore montré avec la publication de la résolution 2797 qui ancre définitivement la réalité juridique de la participation algérienne au processus.
La controverse suscitée par la traduction de la résolution 2797 révèle la résistance persistante d’Alger face au nouveau cadre international du dossier du Sahara marocain et à la clarification définitive de son statut de partie prenante. Il confirme également que l’ONU poursuit une ligne claire. Le règlement de la question du Sahara marocain repose sur un dialogue sérieux incluant tous les acteurs. Une voie qui contraste fortement avec la rigidité d’un Polisario affaibli et la stratégie d’obstruction d’une Algérie en perte de repères.