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Rabat place les victimes au cœur de la lutte africaine contre le terrorisme

01 décembre 2025 - 10:24

En organisant les 2 et 3 décembre la première conférence internationale consacrée aux victimes africaines du terrorisme, Rabat opère un déplacement net dans l’approche sécuritaire. L’initiative choisit de partir des conséquences humaines plutôt que des seuls dispositifs de force.

La rencontre, pilotée par la diplomatie marocaine en coopération avec l’United Nations Office of Counter-Terrorism, rassemble des responsables publics africains, des organisations régionales, des acteurs associatifs et des spécialistes des politiques de prévention. L’enjeu consiste à introduire la voix des survivants dans les stratégies publiques qui, jusque-là, ont surtout été pensées à partir d’impératifs militaires ou policiers.

Le choix de Rabat s’inscrit dans une continuité diplomatique. Depuis plusieurs années, le Maroc privilégie une lecture de la sécurité fondée sur la stabilisation sociale et l’anticipation des risques. Cette conférence prolonge cette orientation en considérant les victimes comme des parties prenantes du processus de prévention et de reconstruction, et non comme de simples bénéficiaires de l’assistance.

Les travaux mettent l’accent sur des questions longtemps traitées à la marge. L’accès au droit, la reconnaissance du statut de victime, les parcours de réparation, l’accompagnement psychologique et la réintégration économique figurent au centre des échanges. L’objectif consiste à définir des dispositifs durables, adaptés aux réalités africaines, capables d’être transposés dans différents contextes nationaux.

La dimension continentale donne à l’événement sa portée stratégique. Les organisations terroristes opérant en Afrique exploitent des fragilités propres au terrain, qu’il s’agisse de déséquilibres territoriaux, de précarités sociales ou de tensions locales persistantes. Les réponses efficaces supposent donc des politiques construites sur place, à partir des sociétés concernées, avec des relais civils solides.

Le bureau de l’UNOCT installé à Rabat s’insère dans cette logique en jouant un rôle de coordination technique et de transfert d’expertise. Il sert de plateforme de coopération pour les États africains désireux de renforcer leurs capacités en matière de prévention, d’assistance aux victimes et de résilience communautaire.

Avec cette rencontre, le Maroc affirme une ligne constante. La sécurité se construit autant par la restauration du tissu social que par l’action répressive. La réparation, la reconnaissance et l’accompagnement ne relèvent pas de la communication, ils participent directement à la stabilité.

En faisant des victimes un point d’entrée du débat, Rabat introduit une approche qui lie protection des personnes et efficacité de l’action publique. La conférence s’inscrit ainsi comme un rendez-vous institutionnel appelé à produire des cadres opérationnels plutôt qu’un simple exercice diplomatique.

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