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Conférence mondiale de l’eau : vers une approche intégrée entre eau, énergie et systèmes alimentaires

02 décembre 2025 - 09:14

Réunis à Marrakech à l’occasion de la 19ᵉ Conférence mondiale de l’eau, responsables politiques, experts et institutions internationales appellent à une vision transversale liant gestion de l’eau, production énergétique, agriculture et santé publique, autour d’une même exigence : la résilience.

Les débats organisés en marge de cette rencontre internationale ont mis en avant la nécessité de penser l’eau comme un élément structurant de l’ensemble des politiques publiques. Le thème de la session — « Interconnexion et pensée systémique dans la gestion de l’eau : relier les secteurs pour une plus grande résilience » — a servi de cadre à une réflexion articulée autour du triptyque eau-énergie-alimentation, enrichi par l’enjeu sanitaire.

Les intervenants ont insisté sur l’urgence de renforcer la planification hydrique à long terme tout en intégrant la dimension santé dans la gouvernance de l’eau. Cette orientation témoigne d’un constat partagé : la sécurité hydrique conditionne désormais directement la stabilité alimentaire, la sécurité énergétique et la protection des populations face aux crises climatiques.

Au cœur de ces échanges, Nizar Baraka, ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, a participé à un événement parallèle consacré à l’articulation entre les conférences onusiennes sur l’eau et le 11ᵉ Forum mondial de l’eau, sous l’égide du Conseil mondial de l’eau et de l’Arabie saoudite. Étaient également présents Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau, Ritno Marsudi, envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour l’eau, ainsi que Cheikh Tidiane Diaye, ministre sénégalais de l’Eau et de l’Assainissement.

Dans son allocution, Nizar Baraka a souligné que la coopération internationale constitue la clé pour accélérer les réponses aux défis hydriques planétaires. Selon lui, l’ambition collective doit dépasser l’horizon 2030 des Objectifs de développement durable pour s’inscrire dans une stratégie de longue portée, fondée sur l’innovation et la solidarité. Il a également rappelé que de nombreux pays peinent encore à adapter leurs politiques de l’eau aux mutations climatiques, en dépit des engagements pris lors des conférences climatiques successives.

Le ministre a mis en avant le rôle structurant du secteur de l’eau comme moteur potentiel de mobilisation des financements climatiques, estimant que l’investissement hydrique demeure un levier majeur de l’adaptation. Il a également plaidé en faveur du passage d’une logique d’intentions à une culture de l’action, axée sur la rationalisation de la consommation, la préservation des ressources et une gouvernance rigoureuse.

Dans une perspective africaine, Nizar Baraka a rappelé l’initiative commune du Maroc et du Sénégal visant à élaborer une feuille de route continentale pour la gestion des ressources hydriques dans le cadre du Conseil des ministres africains chargés de l’eau (AMCOW). Ce document stratégique doit être présenté à l’Union africaine en février, en vue de son adoption lors du prochain sommet.

Les participants ont convergé autour d’une même conviction : l’innovation passe par des partenariats transsectoriels renforcés, associant agriculture, environnement et santé. Ils ont évoqué la nécessité de surmonter les obstacles techniques, le déficit de compétences et les lacunes en matière d’outils afin de concrétiser l’intégration des politiques publiques.

Parmi les recommandations figurent l’économie de l’eau potable dans les usages agricoles, la montée en puissance des énergies renouvelables, ainsi que le développement d’engrais verts à partir du phosphate pour améliorer la santé des sols et progresser vers la neutralité carbone. Les intervenants ont également appelé à la mise en place de mécanismes fiscaux et réglementaires incitatifs pour encourager les pratiques durables.

Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la Conférence mondiale de l’eau apparaît ainsi comme un espace stratégique de dialogue et de coproduction de solutions. Portée par le thème « L’eau dans un monde en mutation : innovation et adaptation », elle s’impose comme une plateforme internationale majeure visant à faire émerger des politiques de l’eau cohérentes, inclusives et résolument tournées vers l’avenir.

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