>

Le 9 décembre, désormais journée nationale de la médiation publique : un marqueur institutionnel pour le Maroc moderne

09 décembre 2025 - 09:10

L’instauration officielle d’une journée nationale de la médiation de service public n’est pas un simple geste symbolique. En choisissant le 9 décembre, date liée à la création de Diwan Al Madhalim en 2001, les autorités réinscrivent la médiation institutionnelle dans une trajectoire historique où l’État cherche à renforcer la confiance entre administration et citoyen.

La décision de consacrer une journée nationale à la médiation publique, approuvée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, s’inscrit dans une lecture cohérente de l’évolution administrative marocaine. Depuis le Message Royal ayant annoncé la création de Diwan Al Madhalim jusqu’à la promulgation du Dahir fondateur, la médiation institutionnelle incarne l’idée qu’un État moderne ne repose pas uniquement sur des procédures, mais aussi sur des mécanismes d’équité permettant de corriger les défaillances administratives.

L’orientation royale confirme cette vision. Elle réaffirme le rôle de la médiation comme instrument de justice administrative, mais également comme espace où s’expriment les droits des citoyens face à la complexité des services publics. L’évolution de Diwan Al Madhalim vers l’actuelle Institution du Médiateur, inscrite dans la Constitution comme instance indépendante de bonne gouvernance, témoigne d’un mouvement de fond : associer l’autorité de la loi à la transparence, la protection des droits à la moralisation de l’action publique.

Consacrer une journée nationale permet de structurer ce mouvement autour d’un rendez-vous annuel. Ce moment offrira un cadre pour revisiter les pratiques, comparer les expériences internationales, mettre en lumière les réussites et identifier les obstacles persistants. La médiation n’est pas seulement un dispositif technique ; elle interroge notre manière de concevoir la relation entre l’administration et l’usager, et ouvre un débat sur ce que signifie, concrètement, une administration citoyenne.

Au-delà de la commémoration, cette journée représente un outil pédagogique destiné à renforcer la culture de la responsabilité publique. Elle donnera également visibilité aux efforts continus des équipes engagées dans la résolution des litiges administratifs et dans l’amélioration des services rendus aux citoyens.

En inscrivant le 9 décembre dans le calendrier institutionnel, le Maroc affirme son ambition d’une administration plus juste, plus accessible et davantage attentive aux demandes de la société. Une ambition qui, si elle est pleinement accompagnée, pourrait devenir l’un des leviers d’une gouvernance publique plus apaisée et plus efficace.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *