Le déficit de liquidité du système bancaire marocain a enregistré une nouvelle dégradation au cours de la deuxième semaine de décembre. Selon les dernières données publiées par BMCE Capital Global Research (BKGR), le déficit moyen de liquidité bancaire s’est accru de 5,93 %, atteignant 141,4 milliards de dirhams sur la période allant du 4 au 11 décembre 2025.
Dans sa note hebdomadaire Fixed Income Weekly, le centre de recherche souligne que cette évolution intervient dans un contexte de hausse modérée des interventions de Bank Al-Maghrib. Les avances à sept jours de la banque centrale se sont établies à 71,9 milliards de dirhams, en progression de 1,1 milliard de dirhams par rapport à la semaine précédente.
Parallèlement, les placements du Trésor ont également augmenté. L’encours quotidien maximal a atteint 8,8 milliards de dirhams, contre 6,2 milliards une semaine plus tôt, traduisant une activité accrue sur le marché monétaire et une gestion plus active de la trésorerie publique.
Sur le plan des taux, le taux moyen pondéré est demeuré stable à 2,25 %, confirmant la relative stabilité des conditions monétaires à court terme. En revanche, l’indice MONIA, qui constitue le taux de référence quotidien du marché monétaire marocain et repose sur les opérations de pension livrée garanties par des bons du Trésor, a légèrement reculé pour s’établir à 2,176 %.
S’agissant des perspectives, les analystes de BKGR estiment que Bank Al-Maghrib devrait ajuster à la hausse, de manière mesurée, le volume de ses interventions au cours des prochaines semaines. Le montant des avances à sept jours pourrait ainsi atteindre 79,5 milliards de dirhams, contre 71,8 milliards actuellement, afin de contenir les tensions persistantes sur la liquidité bancaire.
Cette évolution confirme la pression structurelle qui continue de peser sur le marché monétaire, dans un contexte marqué par des besoins de financement élevés et une gestion fine des équilibres de liquidité par la banque centrale.