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Macron accélère sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

25 janvier 2026 - 12:34

Le président français Emmanuel Macron a décidé d’accélérer son projet d’interdiction de l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans, ainsi que le bannissement des téléphones portables dans les collèges. Le texte sera débattu ce lundi à l’Assemblée nationale selon la procédure d’urgence, signe de la volonté de l’exécutif de voir ces mesures entrer en vigueur dès la rentrée scolaire prochaine.

Dans une vidéo transmise à la chaîne BFMTV, enregistrée depuis l’Élysée, le chef de l’État a confirmé avoir demandé au gouvernement d’engager cette procédure accélérée afin de réduire les délais parlementaires. L’objectif affiché est clair : une application dès septembre, alors que le débat sur l’impact des réseaux sociaux sur les adolescents s’intensifie en France.

« Nous avons besoin de règles claires, pour les adolescents, pour les familles, pour les enseignants », affirme Emmanuel Macron, qui fait de ce dossier l’un des marqueurs politiques d’un second mandat fragilisé par l’absence de majorité absolue à l’Assemblée. Le président espère ainsi fédérer un large spectre politique autour d’un thème consensuel dans l’opinion publique.

Le projet repose sur une ligne assumée : la protection des mineurs face aux logiques commerciales et algorithmiques des plateformes numériques. « Le cerveau de nos enfants n’est pas à vendre », insiste le président, dénonçant explicitement les mécanismes de captation de l’attention et de manipulation émotionnelle, qu’ils soient d’origine américaine ou chinoise.

Porté à l’Assemblée par la députée macroniste Laure Miller, le texte est volontairement court. Il confie au gouvernement le soin d’établir, par décret, la liste des réseaux sociaux jugés dangereux pour les mineurs, sur la base d’avis émis par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM). Cette approche vise à permettre une adaptation rapide à l’évolution des usages et des plateformes.

L’exécutif s’appuie sur plusieurs rapports sanitaires soulignant les risques psychologiques associés à une exposition précoce et prolongée aux réseaux sociaux : troubles anxieux, dépendance, altération de l’estime de soi ou encore difficultés de concentration. Ces constats nourrissent l’argumentaire gouvernemental en faveur d’un encadrement plus strict.

Sur le plan politique, le texte dispose de solides soutiens. La majorité présidentielle, la droite conservatrice et l’extrême droite y sont favorables. À l’inverse, La France insoumise dénonce un « paternalisme numérique » et met en garde contre une réponse jugée simpliste à des problématiques éducatives plus larges.

La loi devra toutefois respecter le règlement européen sur les services numériques, afin d’éviter l’échec rencontré par une tentative similaire en 2023, restée inappliquée pour incompatibilité juridique.

Enfin, le projet prévoit d’étendre l’interdiction des téléphones portables aux collèges, en laissant aux établissements une marge d’adaptation via leurs règlements intérieurs. Une mesure qui confirme la volonté de l’exécutif de reprendre la main sur la place du numérique dans l’espace scolaire, au nom de la protection et de la concentration des élèves.

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