Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a affirmé que les relations entre le Sénégal et le Maroc entrent dans une phase charnière, fondée sur un partenariat stratégique solide, capable de dépasser les tensions conjoncturelles liées à la récente Coupe d’Afrique des nations (CAN).
S’exprimant à Rabat lors de la 15ᵉ session de la Commission mixte maroco-sénégalaise, coprésidée avec le chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch, Sonko a souligné la profondeur des liens historiques, spirituels et économiques unissant Dakar et Rabat, qu’il a jugés « plus forts que les émotions passagères ».
Le Premier ministre sénégalais a précisé que sa visite s’inscrivait dans le cadre d’un mandat direct du président Bassirou Diomaye Faye, avec pour objectif de hisser la coopération bilatérale à un niveau répondant aux attentes des deux peuples. « Ce qui unit nos deux pays est trop profond pour être affecté par des épisodes circonstanciels », a-t-il déclaré.

Évoquant les polémiques entourant la finale de la CAN, Sonko a estimé que « la passion sportive ne doit pas être surinterprétée », rappelant que le sport demeure un espace de rapprochement et non de crispation diplomatique.
Sur le plan économique, le chef du gouvernement sénégalais a présenté les grandes lignes de la « Vision Sénégal 2050 », axée sur le renforcement de la compétitivité, la justice sociale et l’amélioration de la gouvernance. Il a appelé le Maroc à jouer un rôle central comme partenaire stratégique, notamment dans les domaines des énergies renouvelables, des infrastructures et de l’investissement productif.
Sonko a également plaidé pour la modernisation du cadre juridique régissant la coopération bilatérale, à travers la révision de plus de 130 accords existants, afin d’assurer un meilleur équilibre des échanges et de favoriser une logique d’intégration, en particulier dans les espaces atlantique et africain.
Il a, par ailleurs, salué l’importance des investissements marocains au Sénégal — notamment dans les secteurs bancaire, agroalimentaire, du BTP et des mines — les qualifiant de levier essentiel du développement partagé.
Enfin, le Premier ministre sénégalais a évoqué des concertations diplomatiques et consulaires en cours pour faciliter la mobilité des citoyens entre les deux pays, insistant sur le rôle clé de l’intégration humaine dans la réussite du partenariat.
Sonko a conclu en réaffirmant l’engagement de son gouvernement à poursuivre, avec le Maroc, une coopération « ferme et responsable », non seulement sur le plan économique, mais aussi culturel et spirituel, qu’il a qualifié de socle historique des relations entre Rabat et Dakar.