Le Conseil de la concurrence a annoncé une série de mesures contraignantes visant le marché de la livraison de repas et de biens au Maroc, dominé par la plateforme Glovo. Ces décisions font suite à une enquête approfondie portant sur des pratiques jugées contraires aux règles de la concurrence, incluant des investigations sur le terrain.
L’intervention du Conseil ne concerne pas uniquement Glovo, mais l’ensemble des plateformes de livraison opérant au Maroc, dans une volonté affichée de structurer ce marché numérique en forte expansion, de rétablir des conditions de concurrence équitables et de protéger à la fois les partenaires commerciaux — restaurants et commerces — et les consommateurs.
Parmi les principales décisions figure le plafonnement des commissions à 30 %. Tous les contrats prévoyant des taux supérieurs devront être révisés afin de respecter ce seuil, présenté comme un minimum d’équilibre contractuel entre les plateformes et leurs partenaires. Le Conseil entend ainsi limiter les effets d’un pouvoir de marché excessif dans un secteur caractérisé par une forte concentration.
Le volet social constitue un autre axe central de cet encadrement. Glovo s’est engagée à garantir aux livreurs un revenu horaire minimum, tout en maintenant leur statut d’indépendants et la liberté d’organisation de leur temps de travail. Une formule hybride qui cherche à répondre aux critiques récurrentes sur la précarité du travail de plateforme, sans remettre en cause le modèle économique existant.
Sur le plan de la sécurité routière, la plateforme devra mettre en œuvre des outils numériques de suivi du comportement de conduite des livreurs. Seront notamment surveillés l’usage du téléphone au volant, les freinages brusques ou les comportements à risque. Un système de notation lié au style de conduite sera instauré, avec pour objectif affiché de réduire les accidents liés à l’activité de livraison.
Le Conseil de la concurrence précise que ces engagements s’inscrivent dans une approche plus large de régulation de l’économie numérique, visant à préparer un cadre juridique adapté au statut des travailleurs indépendants, en coordination avec les autorités compétentes et en s’inspirant d’expériences internationales comparables.
Ce dossier marque une première étape dans la régulation des plateformes numériques au Maroc. Le Conseil avertit que ces marchés, fondés sur la donnée et des modèles économiques innovants, sont particulièrement exposés aux dérives anticoncurrentielles, notamment à l’abus de position dominante — ce qui justifie, selon lui, une vigilance permanente.