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États-Unis : Trump publie puis supprime une vidéo raciste représentant les Obama comme des singes

07 février 2026 - 10:44

Une vidéo diffusée par Donald Trump sur son réseau social Truth Social, avant d’être supprimée douze heures plus tard, a suscité une vague d’indignation aux États-Unis. Le contenu, généré par intelligence artificielle, représentait Barack et Michelle Obama sous les traits de singes. La Maison Blanche a tenté de minimiser l’affaire en parlant d’un simple « meme » inspiré du Roi Lion, une explication largement contestée, y compris au sein du camp républicain.

Le président américain Donald Trump a provoqué, vendredi, colère et consternation en publiant sur les réseaux sociaux une vidéo à caractère ouvertement raciste mettant en scène l’ancien président Barack Obama et son épouse Michelle représentés comme des singes. Le contenu, mis en ligne sur Truth Social, a été supprimé environ douze heures plus tard, après une avalanche de critiques venues aussi bien des démocrates que de plusieurs responsables républicains.

La vidéo, d’une durée d’environ une minute, s’inscrivait dans un montage reprenant les théories complotistes de Donald Trump sur les élections présidentielles de 2020, qu’il continue de qualifier de frauduleuses malgré l’absence de toute preuve. Dans les dernières secondes du clip apparaissaient des images générées par intelligence artificielle montrant les visages de Barack et Michelle Obama superposés sur des corps de primates, dans un décor de jungle.

Face à la polémique, un responsable de l’administration américaine a reconnu auprès de Reuters, sous couvert d’anonymat, qu’un membre du personnel de la Maison Blanche avait publié la vidéo « par erreur ». « Le contenu a été supprimé », a-t-il indiqué. Dans un premier temps, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, avait rejeté toute accusation de racisme, affirmant qu’il s’agissait d’un simple clin d’œil à Le Roi Lion, film de Disney déjà utilisé par Trump dans d’autres vidéos pour caricaturer ses adversaires politiques.

« Il s’agit d’un meme internet représentant le président Trump comme le roi de la jungle et les démocrates comme des personnages du Roi Lion. Merci d’arrêter l’indignation feinte et de parler de ce qui importe réellement aux Américains », a déclaré Leavitt dans un communiqué. Une justification qui n’a guère convaincu l’opinion publique ni une partie de la classe politique.

Donald Trump entretient depuis longtemps une relation conflictuelle avec Barack Obama. Il s’est fait connaître sur la scène politique en diffusant la théorie complotiste selon laquelle l’ancien président démocrate ne serait pas né aux États-Unis mais au Kenya, mettant en cause sa légitimité constitutionnelle. Cette hostilité persistante continue de marquer sa communication politique.

Les réactions n’ont pas tardé. La cellule de communication du gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, pressenti comme un possible candidat à l’élection présidentielle de 2028, a appelé les républicains à condamner publiquement la publication. « Comportement répugnant du président. Chaque républicain doit le dénoncer immédiatement », a-t-elle écrit sur X.

Ben Rhodes, ancien conseiller à la sécurité nationale de Barack Obama, a dénoncé un acte raciste et estimé que « l’histoire retiendra les Obama comme des figures respectées, tandis que Trump sera étudié comme une tache dans l’histoire américaine ». Le collectif Republicans Against Trump a, de son côté, regretté que le président « s’enfonce toujours plus bas ».

Même au sein du Parti républicain, les critiques ont été sévères. Le sénateur Tim Scott, afro-américain et ancien rival de Trump lors des primaires avant de le soutenir, a qualifié la vidéo de « chose la plus raciste » jamais sortie de la Maison Blanche. « Le président devrait la supprimer immédiatement », a-t-il déclaré. Douze heures après sa publication, le contenu avait effectivement disparu.

Cet épisode relance le débat sur l’usage des réseaux sociaux, de l’intelligence artificielle et des codes raciaux dans la communication politique américaine, à un moment où la polarisation et les provocations semblent devenir des outils assumés de mobilisation politique.

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