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L’ONU menacée de faillite face au blocage financier américain

10 février 2026 - 10:38

L’Organisation des Nations unies traverse une zone de turbulence financière critique. Le secrétaire général António Guterres a mis en garde les États membres contre un risque d’effondrement budgétaire dès le mois de juillet, en raison des arriérés massifs de contributions, dominés par le non-paiement des États-Unis.

Dans une lettre adressée aux délégations fin janvier, Guterres évoque une situation de tension extrême sur la trésorerie, susceptible d’affecter le fonctionnement quotidien de l’organisation. Les chiffres sont sans équivoque. Washington concentre l’écrasante majorité des contributions impayées, tant pour le budget ordinaire que pour les opérations de maintien de la paix.

Les dettes américaines dépassent deux milliards de dollars pour le budget régulier, auxquelles s’ajoutent plus de deux milliards pour les missions de paix, ainsi que des montants destinés aux juridictions internationales. Les contributions dues pour l’exercice 2025 n’ont toujours pas été versées, aggravant un passif déjà ancien.

L’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, a annoncé le versement prochain d’un premier paiement significatif, sans fournir de précisions sur son ampleur. Cette absence de visibilité complique la planification financière de l’organisation et nourrit l’inquiétude au sein du secrétariat général.

Face à cette situation, l’ONU a engagé une cure d’austérité sans précédent. Le budget annuel a été réduit à 3,4 milliards de dollars et plusieurs milliers de postes ont été supprimés. Ces décisions affectent directement la capacité de l’institution à mener ses missions politiques, humanitaires et de sécurité dans un contexte international déjà instable.

La crise s’inscrit dans une relation conflictuelle de longue date entre Washington et le système onusien, marquée par des critiques récurrentes sur la gestion financière et l’efficacité de l’organisation, notamment sous l’administration de Donald Trump. Elle met en lumière une vulnérabilité structurelle du multilatéralisme, dépendant du bon vouloir de ses principaux financeurs.

Au-delà des chiffres, l’enjeu est institutionnel. Une organisation chargée de la paix, de la coopération internationale et du droit global se retrouve exposée à un risque de paralysie budgétaire. La situation actuelle pose une question centrale. Peut-on encore garantir la stabilité du système international lorsque ses piliers financiers reposent sur des engagements politiques aussi fragiles ?

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