À la clôture de la Conférence de sécurité de Munich, la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, a pris la parole pour répondre aux déclarations américaines jugées condescendantes à l’égard de l’Europe.
Sans citer explicitement Donald Trump, elle a contesté l’idée d’une Europe “décadente” ou affaiblie par des dérives idéologiques. “Chaque fois que j’entends des propos qui dénigrent notre région, je pense à tout ce que l’Europe a apporté”, a-t-elle déclaré, rappelant le poids économique, normatif et diplomatique du bloc européen sur la scène mondiale.
Ses propos interviennent dans un contexte de tensions récurrentes entre Washington et plusieurs capitales européennes, notamment autour des politiques migratoires, climatiques et commerciales. Le président américain a récemment soutenu que l’Europe, à l’instar des États-Unis, serait fragilisée par l’immigration massive.
La veille, le secrétaire d’État Marco Rubio avait adopté un ton plus apaisé, évoquant la volonté de “revitaliser l’alliance” transatlantique. Kallas a salué ce changement de registre. “Le message que nous avons entendu est que l’Amérique et l’Europe sont liées, dans le passé comme dans l’avenir, et cela compte”, a-t-elle estimé.
Elle a toutefois reconnu que les divergences persistent. “Nous ne sommes pas d’accord sur tout, et cela continuera”, a-t-elle admis, insistant sur la nécessité d’un dialogue lucide entre partenaires.
La cheffe de la diplomatie européenne a également réaffirmé la ligne de Bruxelles sur l’Ukraine. Pour elle, une solution négociée ne doit pas offrir à la Russie des gains politiques supérieurs à ceux obtenus sur le terrain. “Le principal danger serait que Moscou obtienne davantage à la table des négociations que sur le champ de bataille”, a-t-elle averti.
Kallas a plaidé pour des conditions strictes en cas d’accord : limitation des capacités militaires russes, réparation des destructions causées en Ukraine et responsabilité juridique pour les crimes commis.
Au-delà des échanges transatlantiques, son intervention visait à consolider la position européenne : défendre son modèle, maintenir l’unité face à Moscou et préserver sa place dans l’équilibre stratégique international.