Nouvel épisode d’une crise politique devenue chronique. Le Congrès du Pérou a voté mardi la destitution du président intérimaire José Jerí pour « mauvaise conduite fonctionnelle », déclarant le poste vacant par 75 voix contre 24.
Le pays se retrouve sans chef d’État pendant plus de vingt-quatre heures, une situation inédite dans son histoire récente. Un nouveau président par intérim sera élu ce mercredi par les parlementaires et exercera ses fonctions jusqu’au 28 juillet, à quelques mois d’échéances électorales décisives.
Depuis 2016, le Pérou a connu huit présidents. Jerí, visé par des enquêtes pour trafic d’influence, n’aura exercé que quatre mois. Il avait succédé à Dina Boluarte, elle-même arrivée au pouvoir après la destitution de Pedro Castillo.
Cette instabilité répétée révèle un déséquilibre institutionnel profond. Le Congrès, fragmenté mais décisif, s’est imposé comme l’acteur central du système politique péruvien, capable de censurer l’exécutif avec une rapidité déconcertante. La vacance présidentielle n’est plus un événement exceptionnel, mais une variable régulière du paysage politique.
À Lima, des manifestants se sont rassemblés devant le Parlement. Certains saluent la décision, d’autres dénoncent un cycle sans fin d’affrontements institutionnels. Le Pérou aborde désormais la séquence électorale dans un climat de défiance accrue, où la question n’est plus seulement de savoir qui gouvernera, mais si la stabilité pourra enfin s’installer durablement.