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Espagne : la démission du numéro deux opérationnel de la Police relance la bataille politique autour de Marlaska

19 février 2026 - 11:23

La démission du directeur adjoint opérationnel de la Police nationale espagnole, José Ángel González, a ouvert une nouvelle séquence de tension politique à Madrid. L’affaire, liée à une plainte pour agression sexuelle présumée déposée par une agente subordonnée, place le ministère de l’Intérieur sous forte pression, tandis que l’opposition conservatrice tente d’en faire un dossier politique majeur contre le ministre Fernando Grande-Marlaska.

Mardi 17 février, le ministère a confirmé dans un communiqué bref la renonciation de González, considéré comme le plus haut responsable opérationnel du corps policier. Cette décision est intervenue quelques heures après la révélation de l’ouverture d’une procédure judiciaire par le tribunal spécialisé dans les violences faites aux femmes de Madrid. La plainte évoque des faits présumés d’agression sexuelle, de coercition, de violences psychologiques et de détournement de fonds publics. Les deux parties doivent être entendues le 17 mars prochain.

Selon le document judiciaire consulté par plusieurs médias espagnols, les faits allégués se seraient produits en avril 2025 dans une résidence officielle liée aux fonctions du responsable policier. La plaignante affirme avoir subi des pressions pour s’y rendre et décrit des refus explicites ignorés, accompagnés d’intimidation. Le dossier mentionne également des pressions ultérieures visant à empêcher le dépôt de la plainte. Un commissaire proche de l’ex-DAO a déjà été relevé de ses fonctions pour son implication présumée dans ces faits.

Face à la polémique, Fernando Grande-Marlaska affirme que le ministère ignorait totalement l’existence de la plainte avant qu’elle ne devienne publique. Depuis le Congrès des députés, le ministre a assuré qu’en cas de connaissance préalable, la révocation aurait été immédiate. Il a également annoncé l’ouverture d’une enquête interne afin de déterminer si d’autres responsables hiérarchiques avaient eu connaissance de la situation.

Sur le plan politique, Marlaska a posé une ligne claire : il n’envisagerait une démission que si la victime elle-même considérait ne pas avoir été protégée par son ministère. L’avocat de la plaignante a indiqué que sa cliente se disait déçue, tout en exprimant sa confiance dans la protection qui pourrait désormais lui être accordée.

La réaction du Parti populaire (PP) a été immédiate et particulièrement offensive. Au Congrès, des députés ont interrompu la séance en réclamant la démission du ministre, tandis que le leader conservateur Alberto Núñez Feijóo accusait le gouvernement d’avoir couvert un responsable suspecté de faits graves. Le gouvernement socialiste a répliqué en dénonçant une instrumentalisation politique de l’affaire, rappelant d’autres cas impliquant des élus de droite ayant suscité moins de pression médiatique.

En parallèle, la controverse s’est déplacée vers le terrain syndical. La Confédération espagnole de la Police a convoqué une manifestation devant le ministère de l’Intérieur, estimant que la démission du haut responsable ne suffisait pas et pointant des décisions politiques passées ayant prolongé son maintien en poste.

L’affaire reste toutefois au stade préliminaire de l’enquête judiciaire. Aucune mesure conservatoire n’a été prononcée et aucune accusation formelle n’a encore été retenue. Dans ce contexte, la présomption d’innocence demeure pleinement applicable, tandis que la scène politique espagnole transforme déjà ce dossier judiciaire en nouveau front d’affrontement entre majorité et opposition.

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